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« Une tragédie de trop sur la RN1 au Kongo Central » : Interview avec Richard Kiyambu

Nous avons rencontré Richard Kiyambu, entrepreneur et notable du Kongo Central. Alors que nous comptions aborder l'actualité générale de la province, la conversation a inévitablement dévié vers le drame qui secoue la communauté : l'accident tragique sur la Route Nationale n°1 à Kimpese, qui a coûté la vie au commissaire provincial de la Police, le général Yawe Sumanda. Une perte immense qui, une fois de plus, soulève la question douloureuse de la sécurité routière.

Nous avons rencontré Richard Kiyambu, entrepreneur et notable du Kongo Central. Alors que nous comptions aborder l’actualité générale de la province, la conversation a inévitablement dévié vers le drame qui secoue la communauté : l’accident tragique sur la Route Nationale n°1 à Kimpese, qui a coûté la vie au commissaire provincial de la Police, le général Yawe Sumanda. Une perte immense qui, une fois de plus, soulève la question douloureuse de la sécurité routière.

Kongo Media : M. Richard Kiyambu, quelle a été votre première réaction en apprenant la nouvelle de la disparition du général Yawe Sumanda ?

Richard Kiyambu : (Le visage grave) C’est d’abord un sentiment de profonde tristesse et de consternation. Une immense tristesse pour cet homme, ce grand serviteur de l’État, qui venait à peine de prendre ses fonctions avec une volonté visible de bien faire. Une tristesse pour sa famille, pour ses compagnons d’armes. Mais au-delà de l’émotion personnelle, il y a une autre tristesse, plus sourde et plus collective : celle de se dire “encore un”. Encore une vie fauchée sur cette route. C’est une perte pour la Police, pour notre province, pour la République tout entière.

Kongo Media : Cet accident, comme vous le dites, n’est malheureusement pas un cas isolé. Il met en lumière une réalité que les Ne Kongo ne connaissent que trop bien…

Richard Kiyambu : (Un soupir las) Isolé ? Loin de là. C’est le drame quotidien, la tragédie banalisée. La Route Nationale n°1 est devenue un cimetière à ciel ouvert. Il ne se passe pas une semaine sans que nous ne pleurions des morts. Des médecins, des commerçants, des mères de famille… Combien d’orphelins cette route a-t-elle créés ? Combien de vies brisées ? On parle d’un sentiment partagé entre tristesse et colère, et c’est exactement cela. Une colère froide, non pas contre une personne, mais contre une fatalité que l’on refuse d’accepter. Combien de temps encore ?

Kongo Media : Beaucoup pointent du doigt l’état de la route et les conditions de circulation. L’accident du Général aurait été causé par un camion mal stationné…

Richard Kiyambu : Mon analyse est celle d’un citoyen qui emprunte cette route. Lorsque vous payez un péage, vous êtes en droit d’attendre un service minimum. Ce service, c’est la sécurité. Cela implique un entretien adéquat, un balisage clair, mais aussi des aires de repos sécurisées pour lutter contre la fatigue des chauffeurs, et surtout, des ambulances équipées pour les premiers secours vitaux, prêtes à intervenir. Le cahier des charges du concessionnaire doit être une obligation de résultat. Voir un camion devenir un piège mortel, c’est l’aboutissement d’une série de négligences.

Kongo Media : Vous parlez de “série de négligences”. C’est un mot fort. Mais alors, qui est responsable au final ? La faute incombe-t-elle uniquement au concessionnaire ?

Richard Kiyambu : L’heure n’est pas à la polémique stérile, mais à un sursaut collectif. La responsabilité est une chaîne. Elle commence par le propriétaire du véhicule qui doit l’entretenir, le chauffeur qui doit respecter le code de la route, les forces de l’ordre qui doivent faire appliquer la loi avec rigueur et sans complaisance, et bien sûr, les gestionnaires de l’infrastructure et les autorités publiques qui doivent veiller à ce que les règles soient respectées et que les conditions de sécurité soient optimales. Le Kongo Central génère d’immenses revenus pour le pays. Il est inconcevable que l’artère vitale qui le traverse soit dans cet état d’abandon sécuritaire. Ce n’est pas une question d’argent, mais de volonté et de respect pour la vie humaine.

Kongo Media : Face à cette chaîne de responsabilités défaillantes, comment briser le cycle de l’impunité ?

Richard Kiyambu : En passant de la constatation à la sanction. Il faut une politique de tolérance zéro pour chaque maillon. Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? Installer des radars pour faire respecter la vitesse. Imposer des contrôles techniques si stricts que les centres en deviennent co-responsables en cas d’accident lié à une défaillance avérée. Et surtout, que la justice trouve et sanctionne systématiquement les responsables lorsque des négligences sont prouvées.

Kongo Media : Au-delà de ces mesures, la réhabilitation du chemin de fer est-elle la solution miracle ?

Richard Kiyambu : Le chemin de fer n’est pas une solution, c’est LA solution structurelle. C’est une urgence absolue. Imaginez des milliers de conteneurs basculant de la route vers le rail. La RN1 respirerait enfin. Elle serait moins congestionnée, et surtout, infiniment moins mortelle. Pour mieux orienter toutes ces actions, la mise en place d’un observatoire indépendant des accidents serait un outil précieux pour objectiver les causes et mesurer l’efficacité des mesures prises.

Kongo Media : Un dernier mot, peut-être un appel ?

Richard Kiyambu : Mon appel est simple. Que la mort du général Yawe Sumanda ne soit pas une statistique de plus. Qu’elle soit un électrochoc. Qu’elle nous force, citoyens comme dirigeants, à nous regarder dans le miroir et à dire “ça suffit”. Transformons notre tristesse et notre colère en une exigence implacable de changement. Pour le Général, pour tous ceux que nous avons perdus, et pour tous ceux que nous pouvons encore sauver. Nous le devons à nos enfants. Nous le devons au Kongo Central.

Propos recueillis par Reagan Nsiese

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