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RDC : l’Union sacrée insiste sur la préservation de la stabilité des institutions provinciales

Quelques jours après la rencontre entre le Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité et Décentralisation, et les animateurs des institutions provinciales, les membres du Présidium et les chefs des regroupements politiques de l’Union Sacrée de la Nation se sont réunis ce samedi à Kinshasa. L’objectif : échanger sur la nécessité de préserver la stabilité et la cohésion des institutions provinciales à travers le pays.

À l’initiative de Jacquemin Shabani Lukoo, les chefs des regroupements et partis politiques de l’Union Sacrée, sous la coordination du Président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, ont discuté de la stabilité des institutions provinciales face aux motions et pétitions initiées par certains députés provinciaux, jugées inopportunes en pleine période d’agression du pays. Cette rencontre a réuni, outre les membres du Présidium, les présidents de partis et de regroupements comptant des représentants au niveau des provinces.

Les membres de cette plateforme politique insistent sur le respect du vœu du Président de la République qui, selon eux, tient à la paix et à la sécurité du pays. Ils rappellent la volonté présidentielle d’observer une stabilité au niveau des provinces, particulièrement en cette période sécuritaire sensible.

« Il était question de répondre à un vœu de son excellence, monsieur le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi-Tshilombo, qui a vraiment à cœur la paix et la sécurité de notre pays, et qui a voulu aussi qu’au niveau des provinces, nous puissions observer une stabilité, voulue dans cette période sécuritaire particulière. Et en relais à cette réunion, avec les institutions provinciales et les gouvernements provinciaux, avoir aussi les responsables des groupes politiques et des grands regroupements, de manière à ce que ce message soit relayé. C’est une réunion qui s’est tenue vraiment dans la convivialité, où nous avons abordé vraiment dans le fond ces questions pertinentes qui concernent justement ces provinces. Et nous sommes tous ressortis avec le vœu de voir leur stabilité et d’accompagner ces institutions provinciales qui ont dans leur mission régalienne aussi de veiller au bon fonctionnement de nos provinces, et donc de répondre aux attentes de nos concitoyens », a expliqué Jean-Michel Sama Lukonde.

Il a ajouté :

« Le seul mot que nous voulons donner ici aux députés provinciaux, c’est de répondre à ce vœu de paix et de stabilité de nos provinces. Bien sûr, moi en tant que membre de l’Union sacrée, je ne peux que rappeler que pour la plupart de ces assemblées où justement c’est l’Union sacrée qui a la majorité, nous avons eu un congrès récemment et même des actes d’engagement de loyauté à la Haute Autorité. Et il n’est que de notre devoir d’accompagner cette Haute Autorité sur ce chemin de la paix et de la stabilité qu’elle recherche tous les jours et pour lesquels elle n’a cessé de multiplier des actions tant diplomatiques qu’ici en interne pour garantir cette paix et cette sécurité. »

Cette réunion s’est tenue dans une ambiance conviviale, mettant au centre du débat les questions importantes pour le bon fonctionnement des provinces, avec un consensus fort pour soutenir la stabilité institutionnelle malgré les défis sécuritaires actuels. Le gouvernement insiste fermement sur l’importance de la stabilité des institutions provinciales, qu’il considère comme un levier essentiel pour assurer la paix, la sécurité et le développement dans une période marquée par des tensions sécuritaires.

Pour ses partisans, cette démarche s’inscrit dans une logique de responsabilité collective, visant à éviter des blocages institutionnels qui pourraient affaiblir la gouvernance locale et compromettre la cohésion sociale. Le message envoyé aux députés provinciaux est clair : il s’agit de privilégier l’intérêt général en suspendant provisoirement les motions et pétitions susceptibles de déstabiliser les provinces.

Cependant, cette posture suscite également des critiques fortes. Plusieurs observateurs et acteurs politiques pensent que cette mesure n’est pas conforme à la Constitution. Selon eux, elle porte atteinte au libre fonctionnement des assemblées provinciales, dont le contrôle sur l’exécutif régional est un principe fondamental de la démocratie décentralisée. Ils dénoncent une tentative d’étouffer le rôle légitime des élus provinciaux, remettant en cause leur capacité à exercer leur mission de surveillance et à sanctionner les éventuels dysfonctionnements.

Reagan Nsiese

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