Le démarrage physique du chantier intervient exactement un an après l’attribution du contrat à Eiffage Génie Civil Marine par la société Matadi Corridor Terminaux à Conteneurs (MCTC). Bien que le groupe ait annoncé ce marché dès janvier 2025, les raisons de l’attente entre la signature et l’engagement effectif des machines n’ont pas été rendues publiques. Cette phase de préparation désormais close laisse place à une séquence de construction intensive qui doit s’étirer jusqu’au printemps 2028.
Sur le plan maritime, le projet repose sur une pièce maîtresse : la construction d’un nouveau quai sur pieux de 350 mètres de long et 30 mètres de large. Cet ouvrage sera positionné stratégiquement à l’avant des actuels quais n°5, 6 et 7, dans le souci d’offrir une extension directe vers les eaux du fleuve Congo. Pour assurer la fluidité des transferts entre les navires et la terre, trois passerelles d’accès imposantes, larges de 20 mètres chacune, viendront connecter cette nouvelle plateforme au reste du port.
Le volet terrestre du chantier est tout aussi ambitieux, avec la réhabilitation complète de sept hectares de plateforme logistique. Cet espace est vital pour l’organisation des flux, permettant un stockage optimisé et une rotation plus rapide des conteneurs avant leur évacuation par camion. En complément, deux infrastructures clés sortiront de terre : un bâtiment d’opérations pour coordonner les mouvements en temps réel et un bâtiment atelier destiné à la maintenance technique des équipements de manutention.
Cette modernisation constitue la « phase 2 » d’un plan global de développement amorcé en 2019, dont l’objectif central est d’atteindre une capacité annuelle de 400 000 EVP. En doublant son potentiel actuel, limité à 200 000 EVP (équivalent vingt pieds), le terminal de Matadi change d’échelle. Cette montée en puissance est calculée pour répondre à la croissance du commerce extérieur congolais en utilisant une unité de mesure standardisée qui permet de comparer les volumes malgré la diversité de taille des conteneurs.
Pour l’économie de la RDC, l’enjeu est de réduire les goulots d’étranglement qui renchérissent le coût de la vie. Un terminal capable de traiter davantage de marchandises dans des délais réduits permet d’éviter la saturation et l’attente coûteuse des navires au mouillage. Pour un pays dépendant fortement des importations de biens de consommation et d’intrants industriels, chaque gain d’efficacité dans la chaîne logistique est un levier potentiel pour stabiliser ou abaisser les prix sur le marché intérieur.
Toutefois, la performance de ce terminal flambant neuf restera intrinsèquement liée aux conditions de navigation sur le fleuve Congo. La profondeur du chenal, maintenue par le dragage et le balisage, demeure la condition sine qua non pour que les navires de grande capacité accèdent au quai de 350 mètres. La réussite finale de cet investissement de plus de 100 millions d’euros dépendra donc de la cohérence technique entre ces nouveaux ouvrages de surface et l’entretien constant de la voie d’accès nautique.




