Le point de départ de cette crise est un litige foncier qui dure depuis plusieurs années. Des groupes de jeunes manifestants sont descendus dans les rues pour réclamer la restitution d’une concession appartenant au Centre de Recherche Pilote (CRP). Selon leurs revendications, ces terres ont été indûment vendues à un opérateur économique de la province, alors qu’elles leur ont été initialement attribuées par l’État.
Ces manifestations ne sont pas isolées. Elles font suite à une série d’interpellations menées par la justice à l’encontre de personnes soupçonnées d’être les auteurs de troubles similaires survenus le 4 novembre dernier dans la même cité, pour les mêmes motifs.
Dès le début de la matinée, la population a bloqué la Route Nationale n°1 (RN1) sur l’axe Matadi-Boma, paralysant le trafic pendant plusieurs heures. Les échauffourées avec les éléments de la Police ont été visibles. La police, qui a tenté une première fois de disperser la foule en colère, a été mise en fuite et poursuivie avant l’arrivée d’un renfort venu de Matadi.
Si aucune perte en vie humaine n’est signalée à cette heure, les dégâts matériels sont considérables. Les manifestants s’en sont pris aux symboles de l’autorité. « Nous venons de passer les barricades ; le bâtiment de la police est en train d’être vandalisé par les inciviques », a témoigné un passager bloqué sur l’axe routier. Outre le poste de police, le bureau administratif de l’agglomération a été saccagé et plusieurs véhicules ont eu leurs vitres brisées.

À l’heure actuelle, un calme relatif est observé. Les renforts de police ont repris le contrôle de la situation, dispersé les manifestants et procédé à plusieurs interpellations pour vandalisme. Les habitants exigent désormais l’implication directe des autorités provinciales et réclament leur présence physique sur le terrain pour résoudre définitivement ce conflit.
Une réunion d’urgence du conseil local de sécurité a été convoquée ce même jour par l’administrateur du territoire de Seke-Banza, Patcheli Lelo Lendo, en vue de statuer sur les faits, de les analyser et d’en tirer les conséquences.




