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Indignation au sein de la communauté de l’Université Kongo : un ancien étudiant adresse une lettre ouverte à l’honorable Muller Luthelo, député national élu de Matadi au Kongo Central

Concerne : Indignation d’un ancien étudiant des « magasins de Papa Lungwana » Honorable, Je viens de suivre sur les réseaux sociaux un extrait de la vidéo où un monsieur, qui vous désigne comme « notre leader » s’adresse ou répond à S.E. Albert Fabrice Puela, lui aussi Député national élu de Matadi, lit un […]

Concerne : Indignation d’un ancien étudiant des « magasins de Papa Lungwana »

Honorable,

Je viens de suivre sur les réseaux sociaux un extrait de la vidéo où un monsieur, qui vous désigne comme « notre leader » s’adresse ou répond à S.E. Albert Fabrice Puela, lui aussi Député national élu de Matadi, lit un texte qui laisse entendre ce qui suit : « Toutefois, nous informons l’opinion que l’Honorable Muller Luthelo a un diplôme de maîtrise de l’Université de Liège et est Chef de travaux à l’Institut Supérieur de Commerce. Ce dernier n’a pas étudié dans les magasins de Papa Lungwana à Mbanza-Ngungu ».

Par ces termes frisant le mépris et la raillerie, votre « porte-parole » a quitté le terrain politique où vous vous roulez dans la boue des invectives avec votre « adversaire politique », et a décidé de dénigrer sans raison une institution apolitique qui fait la fierté de la province de Mfumu Kimbangu et du pays de Mbuta Khasa Mvubu.

Il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’à travers ces propos, c’est l’Université Kongo qui était visée, puisque c’est l’institution où a étudié votre « adversaire politique », qui est situé à Mbanza-Ngungu et qui utilise comme auditoires, entre autres, une grande salle appartenant à la famille Lungwana qui jadis était un magasin. Par ailleurs, vous ne pouvez arguer que votre « porte-parole » a extrapolé les limites de votre parole en la portant mal, puisque, à en croire l’extrait de la vidéo, il lisait un texte pré-écrit qui est certainement passé par votre censure ou celle de votre bureau, à défaut de l’avoir rédigé vous-même.

En effet, sans prendre parti pour votre « adversaire politique », mais en ma qualité d’ancien étudiant de l’Université Kongo – fier d’avoir suivi, dans la Salle Lungwana, des cours dispensés par les meilleurs professeurs du pays -, je tiens à vous informer qu’en dépit des conditions infrastructurelles difficiles (situation qui est d’ailleurs en train d’évoluer sensiblement), l’Université Kongo a toujours versé sur le marché de l’emploi des personnes intellectuellement et moralement bien bâties, et qui se défendent très bien dans la vie professionnelle, au Congo et même à l’étranger, occupant même des postes de responsabilité que vous n’avez pas encore occupé.

En tant qu’ancien étudiant de l’Université de Liège, vous n’ignorez certainement pas qu’il y a des anciens étudiants de l’U.K. qui y ont aussi étudié ou qui y étudient aujourd’hui, jusqu’en doctorat, et avec grand succès. Dans les universités européennes, africaines ou d’ailleurs où ils vont parfaire leurs formations, les anciens étudiants des « magasins de Papa Lungwana » se défendent très bien. Il suffit de vous informer ! A l’ISC Matadi où vous prestez comme Chef de travaux, il y a aussi des anciens étudiants de l’U.K. qui y travaillent comme autorité académique ou comme membres des corps académique (Professeurs) ou scientifique (Chef de travaux et Assistants). Au risque d’être contredit par vos étudiants et collègues, vous n’allez pas me dire qu’ils font mal leur travail parce qu’ayant été formés « dans les magasins de Papa Lungwana ». Dans la sphère politique où vous œuvrez, il y a également bien d’anciens étudiants de l’U.K. qui émergent et qui ne font pas preuve de déficit de formation académique.

Voudriez-vous passer au siège Barreau du Kongo Central pour vous informer sur ce qu’ont fait et continuent de faire les anciens étudiants de l’U.K. comme Bâtonniers, Membres du Conseil de l’Ordre ou simplement comme avocats ? Y’a-t-il aujourd’hui dans la province du Kongo Central une université, un cabinet d’avocats, un hôpital ou une entreprise relativement grande où il n’y a pas d’anciens étudiants de l’U.K. ? Voudriez-vous insinuer que toutes ces personnes seraient piètres parce qu’ayant étudié dans « les magasins de Papa Lungwana » ? Ou, a contrario, voudriez-vous affirmer que tous ceux qui sont bien formés ou qui font bien les choses dans les différents secteurs de la vie nationale ont étudié à l’Université de Liège ou à l’étranger ? Le complexe de titres et d’écoles, quand nous quitteras-tu ?

Honorable, en comparant les bâtiments de l’Université où a étudié votre « adversaire politique » à l’Université de Liège où vous avez étudié (et où ont étudié et étudient d’ailleurs, avec grand succès, certains anciens étudiants de l’U.K.), vous avez doublement commis une induction hâtive, qui est une erreur de raisonnement :

 En prenant le contenant pour le contenu : l’état des bâtiments ne traduit pas forcément la qualité de la formation qui y est dispensée. En ce qui concerne l’U.K., vous avez des preuves vivantes dans votre environnement vital immédiat que des têtes bien faites et des esprits bien instruits ont été formés dans les « anciens magasins » des portugais zaïrianisés à Mbanza-Ngungu ;

 En prenant le particulier pour le général : au-delà des qualités intellectuelles et morales avérées de votre « adversaire politique » que, même vous, ne saurez réfuter en toute objectivité, vous conviendrez avec Aristote – le père de la logique formelle – qu’il est formellement illogique de tirer un principe général (qualifier les anciens étudiants d’une université) à partir d’un point de vue particulier – du reste biaisé – (qui concerne un seul d’entre eux). Ainsi, dans les contradictions entre particuliers – fussent-elles politiques -, il est rationnellement logique et moralement recommandé de ne point tirer de manière hâtive des conclusions concernant les écoles, les tribus, les religions, etc., de nos contradicteurs. Ces généralisations hâtives exacerbent le tribalisme, clientélisme et autres tares similaires qui retardent le développement de notre pays.

Honorable, en souillant l’honneur de notre alma mater, vous avez touché à notre amour propre. Et tout ancien étudiant de l’U.K. se sent blessé, lésé. NOUS EXIGEONS ALORS DES EXCUSES. Cela serait un signe d’élégance de votre part.

Au lieu de tourner en dérision les bâtiments de l’U.K. qui est une université communautaire kongo et dont vous êtes donc l’un des propriétaires, il serait plutôt souhaitable que vous participiez aux efforts d’optimisation de ses conditions infrastructurelles et organisationnelles qui sont en cours. Au lieu de vous moquer d’une vieille outre, qui produit pourtant du très bon vin, à la suite des premiers mécènes (Lungwana, Kisombe, Kiakwama, Mboso, etc.) et des mécènes actuels (Kinduelo, Ledya, Malamba, etc.), entrez dans la liste honorable des donateurs de cette honorable institution universitaire de l’honorable peuple kongo dont vous êtes censé faire partie.

Mais avant cela, NOUS ATTENDONS VOS EXCUSES PUBLIQUES !

.

Un ancien étudiant des « magasins de Papa Lungwana ».

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