Au total, 39 dossiers ont été soumis à ces consultations. Parmi eux, celui de Nzambizeyi Mbuangi Mbuangi, un opérateur économique de la ville, a particulièrement retenu l’attention. Il accuse Thomas Kiakokwa, ministre provincial en charge de l’Éducation, de l’Énergie, des Ressources hydrauliques, des Relations avec l’Assemblée provinciale, de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, d’avoir orchestré des actes de violence contre son épouse et d’occuper illégalement sa parcelle.
Il a affirmé être propriétaire, depuis 2013, d’un terrain situé à Mpozo, dans le territoire de Songololo. Toutefois, en 2020, il découvre que Thomas Kiakokwa y a installé un garage automobile. Lorsqu’il tente de faire valoir ses droits, l’actuel ministre, également opérateur économique, aurait fait appel à des hommes non identifiés qui auraient agressé son épouse sous ses yeux.
« Ces inciviques ont violé ma femme sous mes yeux. J’ai porté plainte partout dans le Kongo Central, mais aucune suite satisfaisante ne m’a été donnée. À l’époque, Thomas Mundele Kiakokwa était député et a transféré le dossier à son fils, Roger Kiakokwa. Malgré mes démarches, rien n’a changé. Aujourd’hui, je suis le seul perdant dans cette affaire. C’est pourquoi je sollicite votre intervention », a-t-il déclaré devant le ministre.
Christine Ngoma Mbaki, épouse de Nzambizeyi Mbuangi Mbuangi, a également pris la parole, soulignant que ce terrain représentait leur unique source de revenus. « Nous sommes pauvres et ils nous ont pris notre terrain par la force. Aujourd’hui, nous n’avons plus rien. Qui pourra nous défendre ? », s’est-elle interrogée.
La réaction de Kiakokwa
Face à ces accusations, Roger Kiakokwa, fils du ministre provincial, a tenu à clarifier la situation. Selon lui, le terrain lui a été proposé par un chef coutumier, Sudikila, et il l’aurait acquis en toute légalité. Il affirme que son père n’est pas impliqué dans cette affaire et que les violences dénoncées seraient le fait des habitants de Palabala, dans le territoire de Songololo. « Je lui ai proposé que nous allions voir les ayants droit pour trouver une solution équitable, mais il a refusé. Le chef coutumier m’a fait un protocole d’accord certifiant que le terrain m’appartient », a-t-il expliqué.
Après avoir écouté les deux parties, le ministre d’État Constant Mutamba a convoqué un nouveau rendez-vous ce mercredi 19 mars afin d’examiner le dossier en profondeur et de trouver une solution équitable. « Ces actes sont inhumains. Ceux qui les commettent doivent en répondre devant la justice. La justice n’est pas une religion où l’on vient simplement demander pardon », a martelé le ministre.
D’autres plaintes enregistrées
Grâce à ces consultations populaires, 38 autres victimes ont également témoigné, réclamant une justice équitable et des réparations. Parmi les cas exposés figurait celui d’un licenciement abusif et massif au sein d’une société privée opérant dans le commerce des produits alimentaires. Plusieurs travailleurs licenciés disposaient pourtant d’un contrat à durée indéterminée. Face à cette situation, le ministre Mutamba a exigé que les responsables de l’entreprise soient convoqués pour être entendus.
Le ministre a également annoncé qu’il se rendrait, ce mercredi, sur un site où une société pétrolière a récupéré un terrain, laissant plus de 700 ménages sans abri. De nombreux citoyens dont les dossiers judiciaires ont été laissés sans suite ont profité de cette initiative pour déposer officiellement leurs plaintes et dénoncer ces pratiques abusives.
Pour assurer un suivi efficace des doléances exprimées, une commission ad hoc a été créée. Sa mission principale est d’identifier les différents cas d’injustice et de transmettre des rapports réguliers à l’autorité de tutelle afin de mettre en place des solutions adaptées.
Avec ces consultations populaires, le ministre de la Justice entend rétablir la confiance des citoyens envers l’appareil judiciaire et lutter contre les dysfonctionnements qui entravent l’accès à une justice équitable en République démocratique du Congo.