Face à cette situation, le chef du village de Konzo Kimpanzu, Monsieur Moro, s’est exprimé publiquement pour dénoncer la divagation des bêtes. Selon lui, ces vaches appartenant à la SOGENAC envahissent massivement les champs, causant des dégâts considérables. Il affirme que toutes les tentatives pour obtenir une réponse des responsables de l’entreprise sont restées sans suite.
« Les vaches de la SOGENAC ont presque anéanti nos récoltes. Chaque jour, près de 250 têtes sortent pour tout dévaster. Nous avons alerté les responsables, mais aucune solution n’a été apportée à ce jour. Ils doivent réparer ces dommages, car les paysans victimes n’ont reçu aucune indemnisation. Comment pourront-ils couvrir les coûts de leurs intrants agricoles ou subvenir aux besoins de leurs familles ? Nous demandons une compensation immédiate et appelons l’Administrateur du territoire de Mbanza-Ngungu et le Chef de secteur de Kwilu-Ngongo à s’impliquer. Sans action, cette crise menace la paix sociale », déclare-t-il.
Par ailleurs, les plaintes s’accumulent face à l’invasion répétée des champs par ces vaches. Cette situation fait écho à des incidents antérieurs, comme la découverte de vaches en décomposition totale en février dernier à Mvulu (groupement Makuta), ou plus récemment à Mongo Mansongonia, secteur de Kwilu-Ngongo près de la rivière éponyme, où deux carcasses ont été retrouvées.
Victor Nzuzi Mbembe, acteur de développement et membre de la société civile, invite les responsables de la SOGENAC à clarifier cette situation.
« Cette divagation à Konzo Kimpanzu interroge sur la gestion interne de l’entreprise. Les paysans dénoncent l’absence d’enclos sécurisés, ce qui permet aux bêtes de s’échapper. Pire, les indemnisations, lorsqu’elles existent, sont basées sur des rendements obsolètes : 6,7 tonnes de manioc par hectare selon les documents officiels, alors que les variétés modernes permettent d’atteindre 15 à 20 tonnes. Pour le maïs, on parle de 400 kg par hectare contre 3 tonnes aujourd’hui. Idem pour les haricots, estimés à 200 kg contre 1,5 tonne actuellement. Ces écarts alimentent la colère », souligne-t-il.
Il appelle la SOGENAC à assumer ses responsabilités et déplore l’inaction des autorités face à ce problème récurrent. Selon lui, cette négligence risque d’exacerber les tensions sociales dans cette partie du Kongo Central.