Cela fait exactement près d’un un mois que le bac assurant la traversée du majestueux fleuve Congo est en panne, compliquant fortement la circulation entre les deux rives (Luozi et Kimbemba). Face à cette situation critique, les forces vives, regroupant plusieurs structures de la société civile locale, ont lancé l’opération « Sauvons Luozi », pour dénoncer les promesses non tenues des autorités.
Selon cette plateforme, les techniciens mandatés ne réalisent que des réparations superficielles, assimilées à du « bricolage », après avoir appris la prochaine visite du chef de l’exécutif provincial à Luozi.
« Cela fait un mois que le bac est hors service, et aujourd’hui ils bricolent en urgence parce que le gouverneur vient en visite. Nous en avons assez des annonces sans suite. Depuis 2023, on nous montre une coque en construction à Chanimetal, et rien n’avance », s’indigne Eugène Tonda Kanza, coordonnateur de la Nouvelle société civile congolaise.
Il rappelle que ce bac approche ses 30 ans d’existence et interpelle les élus locaux.
« Cette coque obsolète qu’ils tentent de rafistoler pour la visite du gouverneur est un danger. Nous vous avons élus pour servir la population, pas pour défendre vos intérêts égoïstes ! ».
Au nom des forces vives, Eugène Tonda Kanza exige un bac neuf.
« La population refuse ce rafistolage. Monsieur le gouverneur, nous savons que vous avez sollicité un prêt pour un nouveau bac, mais pensez à tout le territoire. Luozi n’est pas une enclave du Congo-Brazzaville : nous faisons partie des 145 territoires de la RDC ! ». Il met en garde : « Ce bac réparé à la hâte risque de couler. Nous voulons une solution durable, pas des rustines ! ».
Par ailleurs, les forces vives réclament le retour immédiat de la brigade de l’Office des Routes à Luozi, dénonçant son transfert à Matadi malgré les besoins locaux. Pourtant, cet organe génère des recettes considérables, capables de financer un entretien régulier du bac.
Sur place, une équipe de mécaniciens de l’Office des Routes tente actuellement de remettre en état l’infrastructure. D’après plusieurs sources, le gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo a financé intégralement ces travaux. Il faut dire que ce bac reste crucial pour la traversée du fleuve et les échanges économiques dans le Kongo Central.