Les conducteurs de motos-taxis de la cité de Luozi, dans la province du Kongo Central, expriment leur exaspération face à l’obligation d’acheter des plaques d’immatriculation au prix de 85 000 francs congolais (environ 30$), imposée par la Direction Générale des Recettes du Kongo Central (DGRKC). Ils dénoncent un coût « exorbitant » et exigent des clarifications sur l’utilisation de ces fonds, notamment pour la réhabilitation des routes dégradées.
D’après des informations concordantes, les motocyclistes refusent de se plier à cette mesure, d’autant plus qu’ils en étaient exemptés l’année précédente. Cette année, la DGRKC interdit désormais la circulation aux motos non immatriculées, une décision qui suscite l’incompréhension.
« Les motocyclistes sont furieux, car en 2023, ils n’ont pas payé pour ces plaques. Aujourd’hui, on leur impose 85 000 FC, alors que les routes restent impraticables », explique un habitant de Luozi.
La colère des conducteurs s’enracine également dans l’état désastreux des infrastructures routières. Dans les zones reculées du territoire de Luozi, de nombreux axes seraient quasi inutilisables, entravant leurs activités quotidiennes.
« Ils s’interrogent : à quoi sert cet argent si ce n’est pas pour réparer les routes ? », poursuit la même source. Les motocyclistes déplorent un manque de transparence et conditionnent désormais l’achat des plaques à des travaux concrets de réhabilitation.
Face à ce qu’ils considèrent comme une injustice, les conducteurs menacent de boycotter massivement l’achat des plaques tant que leurs demandes ne seront pas prises en compte. « Nous paierons seulement si les routes sont réparées. Sinon, cette taxe n’a aucun sens », martèle un représentant du collectif de motos-taxis.
Dans un contexte économique déjà fragile, cette taxe supplémentaire risque d’aggraver les tensions entre les usagers et l’administration fiscale. La grogne des motocyclistes de Luozi met en lumière les défis de la fiscalité locale et de l’entretien des infrastructures en République Démocratique du Congo. Sans dialogue, cette crise pourrait paralyser une partie des transports essentiels à l’économie de la région.
Notons que, jusque-là, la DGRKC n’a pas réagi officiellement à ces critiques, à tort ou à raison, des conducteurs de taxis motos.