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RDC : l’appréciation du franc congolais sur le marché de change n’est pas due au hasard, selon le gouvernement

Le gouvernement congolais a expliqué les raisons derrière le raffermissement du franc congolais face au dollar américain. Ce mardi, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé la réunion hebdomadaire du Comité de Conjoncture Économique (CCE), en présence de plusieurs membres du gouvernement et des institutions financières. La réunion a porté sur la stabilisation du franc congolais, la sécurisation des dépôts bancaires et la maîtrise de la masse salariale.

Le Vice-premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a relevé une amélioration notable du marché des changes ces derniers jours. Selon lui, ce raffermissement du franc congolais est le résultat d’une action coordonnée entre la Banque Centrale du Congo (BCC) et le gouvernement, et non d’un simple hasard.

« La Banque Centrale a procédé à un ajustement du niveau des réserves obligatoires tandis que le Gouvernement a poursuivi un resserrement budgétaire, notamment par la bonne gestion des échéances fiscales. Cette coordination a permis au franc congolais de se raffermir. L’objectif est de poursuivre sur cette lancée afin que le taux de change atteigne un niveau compatible avec l’activité économique », a expliqué Daniel Mukoko Samba. Cette stabilisation vise notamment à renforcer la confiance des acteurs économiques et à protéger le pouvoir d’achat des ménages.

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Le deuxième sujet abordé concernait le financement de l’économie et la protection des dépôts bancaires. Daniel Mukoko a souligné les inquiétudes des opérateurs économiques face aux saisies opérées par certaines institutions de l’État ou par la justice, notamment sur les comptes bancaires de grandes entreprises.

« Ce phénomène crée une éviction financière : les fonds qui devraient être déposés dans les banques sont mis à l’écart par crainte de saisies. Dans les prochaines semaines, des mesures seront annoncées pour rassurer les opérateurs économiques et restaurer la confiance dans le système bancaire », a-t-il affirmé, précisant que ces mesures visent à renforcer la liquidité bancaire et à favoriser l’investissement productif dans les secteurs clés de l’économie nationale.

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La maîtrise de la masse salariale a été également au centre des débats, la dépense salariale restant très élevée par rapport aux recettes fiscales. Alors que le pays devrait clôturer l’année avec un taux d’inflation de 7,8%, un niveau historiquement bas depuis quatre ans, le gouvernement met en garde contre la soutenabilité budgétaire.

« Si la masse salariale continue de croître sans contrôle, l’essentiel des recettes publiques sera absorbé par le paiement des salaires au détriment des investissements en infrastructures et du développement. Des actions courageuses sont nécessaires pour garantir un équilibre entre dépenses courantes et investissements structurants », a averti Daniel Mukoko Samba.

A travers ces efforts, le gouvernement congolais poursuit sa volonté de renforcer la discipline budgétaire, d’améliorer la gestion monétaire et de créer un environnement favorable à l’investissement. Les prochains jours devraient être marqués par l’annonce de mesures concrètes destinées à consolider la stabilité macroéconomique et à soutenir la croissance. Le gouvernement entend ainsi tracer la voie vers une économie congolaise plus résiliente et compétitive.

Reagan Nsiese

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