L’insécurité qui ronge les habitants du territoire de Madimba, et plus particulièrement l’ancienne cité de Kisantu, semble être sortie de la phase de la simple suspicion pour dévoiler un problème structurel. Chaque jour apporte son lot de désolation, orchestrée par de jeunes délinquants. Le phénomène, qui a commencé par des bagarres rangées entre bandes organisées, les plus connues étant les “Américains” et les “Shopi pho”, a vite évolué vers des actes crapuleux : vols d’argent et d’objets de valeur ciblant les paisibles passants, souvent aux heures tardives.
Face à l’ampleur du phénomène, une stratégie managériale avait été mise en place sous l’impulsion du Commissaire Supérieur Blaise Mukandila, alors Commandant Territorial intérimaire de la PNC Madimba. Sa démarche consistait à réunir ces groupes pour des sessions de sensibilisation à la citoyenneté et au sens de la responsabilité. Cette approche avait porté ses fruits et un calme relatif s’était installé.
Malheureusement, avec la mutation du Commissaire Blaise Mukandila, les efforts de paix se sont effondrés. Les actes de violence ont repris de plus belle, atteignant un seuil inacceptable. On se souviendra que récemment, ces bandes avaient érigé un quartier général temporaire près du passage du chemin de fer et avaient attaqué le train de passagers, brisant les vitres et blessant plusieurs voyageurs.
Le point culminant de cette audace a été atteint ce lundi 17 novembre. À partir de 10 heures, les délinquants ont mené une opération d’envergure, pénétrant dans les habitations pour y commettre des vols. La scène s’est déroulée jusqu’à 16 heures, forçant boutiques, magasins et vendeurs de rue à fermer, sans qu’aucune intervention ou stratégie policière ne soit déployée pour mettre un terme à cette “sale opération”.
Dans ce contexte de terreur, des habitants pointent directement du doigt le Commissaire Supérieur et Commandant en place. De nombreux témoignages l’accusent de ne pas répondre aux appels à l’aide, d’exiger du carburant à la population en détresse avant d’intervenir et, plus grave encore, d’exposer les lanceurs d’alerte aux représailles des malfaiteurs au lieu de les protéger. L’auteur de cet article se dit d’ailleurs témoin et victime de ce dernier cas.
La population exprime un cri de détresse : elle réclame le rappel immédiat de l’actuel commandant de police, même si elle sait qu’il ne s’agit peut-être pas d’une solution définitive. Ce qui se passe à Kisantu vient tragiquement faire écho à la déclaration attribuée à un officier militaire de la Deuxième République : « Si les services de sécurité n’arrivent pas à éradiquer l’insécurité, c’est que l’insécurité est dans les services de sécurité. »




