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Makutano 2025 : « Il faut que nous puissions produire localement ce que nous importons aujourd’hui » (Judith Suminwa)

C'est un appel à l'industrialisation et à la souveraineté économique qu'a lancé la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka lors de l'ouverture du forum Makutano 2025. Réunie ce mardi à l'hôtel Sultani Kinshasa avec les opérateurs économiques et les partenaires financiers, la Cheffe du Gouvernement a mis l'accent sur la nécessité impérative pour la RDC de transformer localement ses ressources afin de garantir une stabilité macroéconomique durable, tout en renvoyant le secteur privé à son rôle d'unique créateur d'emplois.

Une conversation sincère, c’est à cet exercice que la Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, s’est livrée ce mardi, à l’ouverture de l’édition 2025 du forum Makutano. Pendant environ deux heures, la Cheffe du Gouvernement a eu des échanges sans restriction avec les opérateurs économiques, ainsi que les partenaires financiers bi et multilatéraux du Gouvernement. Un dialogue franc qui devrait cimenter la confiance entre le Gouvernement et le secteur privé.

Première à ouvrir les débats, Judith Suminwa a abordé le thème de Gouvernance : crédibilité et diversification. D’entrée de jeu, la Première Ministre a établi un bilan encourageant des actions menées par le Gouvernement malgré un contexte de crise. « Tout ce que nous avons réalisé au cours de ces 18 mois, nous l’avons fait dans un contexte difficile, un contexte de guerre d’agression que nous subissons dans l’Est de notre pays… Malgré cette adversité, nous avons eu de bons résultats, et ces résultats sont le fruit des efforts consentis. Nous avons eu au niveau du Gouvernement, avec le Chef de l’État, à faire des choix très difficiles, parfois rigoureux », a révélé Judith Suminwa.

C’est dans ce même contexte que le Gouvernement a pourtant mené des réformes qui ont permis d’améliorer le cadrage macroéconomique. La Première Ministre qui n’en démord pas, pense qu’il faut à présent se pencher sur la transformation locale pour consolider ces résultats. « Quand pendant un an tout le monde prédisait une dépréciation du franc congolais, nous avons pu stabiliser le franc congolais, et aujourd’hui nous sommes dans son appréciation. Mais évidemment cela ne suffit pas, » reconnaît la Première Ministre pour qui seule une production locale donnera une assise solide à cette embellie.

La Première Ministre fait observer que cette appréciation de la monnaie nationale renforce le pouvoir d’achat des Congolais car, a-t-elle rappelé, « quand j’ai été nommée et même quand le Chef de l’État menait sa campagne, la majorité de la population n’arrêtait pas de nous demander une chose : dollar ekita (que le taux du dollar baisse). Aujourd’hui que nous avons pu apprécier le franc congolais par rapport au dollar, je suis souvent étonnée de voir certaines personnes indiquer que nous avons fait fausse route. Je me demande si les gens ont une bonne lecture de notre économie… La majorité de notre population n’est pas dollarisée. »

Les minerais critiques, un levier d’accélération de la croissance

Pour la patronne de l’Exécutif central, les minerais du pays doivent contribuer à la diversification de l’économie en tant qu’accélérateurs. « Il est important non seulement de voir comment on gère les ressources venant de ces minerais, mais aussi comment on s’assure d’une traçabilité de la chaîne d’approvisionnement de ces minerais stratégiques, et comment nous irons vers une diversification de notre économie, une diversité de nos partenariats, et une transformation locale. Si nous voulons assurer la stabilité de notre cadre macroéconomique, il faut que demain nous puissions produire localement ce que nous importons aujourd’hui », a souligné la Première Ministre.

Si le Gouvernement envisage de créer plus d’emplois, conformément au premier pilier de son Programme d’actions, grâce notamment à la production locale, la Première Ministre n’a pas manqué de rappeler aux opérateurs économiques leur rôle pour la création d’emplois. « Aujourd’hui la RDC est un employeur de plus ou moins 1 200 000 postes dans la fonction publique. Nous sommes arrivés à une saturation à ce niveau-là, et on ne peut pas espérer que ce soit le secteur public qui crée des emplois. Les emplois doivent être créés par le secteur privé, et pour ça nous devons travailler dans un partenariat », a exhorté Judith Suminwa.

L’appel du Gouvernement à travers la Première Ministre trouve déjà un écho favorable du côté du Makutano, ce think tank congolais réunissant plus de 500 hommes d’affaires engagés à participer à la réappropriation de l’économie congolaise. Le réseau ne veut pas se faire prier. « La RDC est un pays où l’histoire avance comme un fleuve puissant… Aujourd’hui, nous sommes ici pour cela : regarder ensemble la direction du fleuve et comprendre le cap que votre Gouvernement souhaite lui donner », a déclaré Serge Massamba, au nom de Makutano.

La Première Ministre s’est ensuite livrée au jeu de questions-réponses sur sa méthode de gouvernance, sa vision et sa doctrine de transformation de l’économie nationale, les signaux positifs ou encore le climat de confiance avec le secteur privé. Pour Judith Suminwa, c’est à travers ce genre de dialogue et la transparence que la confiance se perpétuera entre les deux parties. En effet, la Cheffe du Gouvernement a fait du dialogue un des principes directeurs du Programme d’actions de son Gouvernement afin de résoudre les problèmes existentiels du pays.

Avec Primature

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