Le CPM a franchi une étape importante dans sa stratégie de relance lors de sa réunion du 8 janvier 2026. En abaissant son taux directeur de 17,5% à 15,0%, l’institut d’émission confirme la poursuite de l’assouplissement monétaire entamé durant la fin de 2025. Cette réduction de 250 points de base vise directement à alléger le coût du crédit pour les banques commerciales, et par extension, pour l’ensemble de l’économie réelle.
Cette décision s’appuie sur des indicateurs macroéconomiques particulièrement encourageants. L’inflation, qui avait atteint des sommets en 2024, s’est effondrée pour s’établir à 2,27 % fin 2025, soit une performance nettement supérieure à l’objectif de 7,0%. Ce succès s’explique par une politique monétaire rigoureuse durant la majeure partie de l’année précédente, la baisse des prix des produits pétroliers et, surtout, une appréciation spectaculaire du franc congolais de plus de 30% sur le marché interbancaire.
Pour l’année 2026, le Gouverneur André Wameso affiche un optimisme prudent. La BCC table sur une croissance robuste, portée par le dynamisme des secteurs extractifs (cuivre et cobalt) et une stabilisation attendue du climat sécuritaire dans l’Est du pays. Toutefois, la Banque reste attentive aux risques extérieurs, notamment les tensions géopolitiques mondiales et l’évolution des tarifs douaniers internationaux, se disant prête à intervenir de nouveau si la conjoncture l’exige.
L’impact attendu de cette mesure est direct : en rendant “l’argent moins cher”, la BCC espère déclencher un cercle vertueux. Les entreprises devraient pouvoir accéder à des financements plus abordables pour investir, tandis que les ménages verront leur pouvoir d’achat soutenu par un accès facilité aux crédits de consommation et de logement. Cette injection de confiance est destinée à stimuler la création d’emplois et à fluidifier les échanges commerciaux à travers le pays.
Malgré cet élan de libéralisation, la Banque Centrale ne renonce pas à sa mission de stabilité. En maintenant inchangés les coefficients de la réserve obligatoire, elle s’assure que les banques conservent un niveau de liquidité de sécurité. Ce dosage entre baisse des taux et maintien des réserves illustre une volonté d’assouplissement maîtrisé, évitant toute surchauffe inutile du système financier tout en accompagnant efficacement la politique économique du gouvernement.




