La problématique de la mauvaise qualité des services de télécommunications en République démocratique du Congo (RDC) a franchi un nouveau seuil de gravité. Lors du Conseil des ministres tenu le week-end dernier à Kinshasa, le gouvernement a dressé un réquisitoire sévère contre les défaillances des opérateurs opérant sur le territoire national.
Le gouvernement a épinglé plusieurs maux qui rongent le secteur. Le quotidien des consommateurs congolais est désormais rythmé par des coupures intempestives, une saturation chronique des réseaux et la perte injustifiée de crédits ou de forfaits prépayés. Plus grave encore, des déductions de frais sont opérées sur des transactions financières mobiles non abouties, tandis que les interférences audibles et l’absence de données internet, malgré un solde suffisant, se généralisent.
Cette situation est remontée jusqu’au sommet de l’État. Selon le compte rendu fait par Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, « le Président de la République a enregistré plusieurs doléances sur les perturbations récurrentes affectant l’ensemble des réseaux et systèmes de télécommunications, notamment la téléphonie mobile et fixe, l’Internet, la transmission des données, les services numériques, l’interconnexion des réseaux ainsi que les réseaux de radiodiffusion et de télévision numérique constatées ces derniers temps sur l’ensemble du territoire national. »
Pour Félix Tshisekedi, ces défaillances ne sont pas seulement des désagréments techniques, mais une menace réelle, car elles affectent la continuité de l’action publique, perturbent les transactions bancaires et dégradent les services audiovisuels.
« Ces défaillances persistantes affectent gravement la vie quotidienne des citoyens, la continuité de l’action publique et le fonctionnement de l’économie nationale, en entraînant des ruptures de communication, des perturbations de transactions bancaires et commerciales ainsi qu’une dégradation notable des services de radiodiffusion et de télévision numérique au détriment de l’intérêt des usagers et des secteurs essentiels de la nation », a précisé Patrick Muyaya.
Le Président de la République a rappelé que les télécommunications, dans toutes leurs composantes, constituent un pilier stratégique du développement national, de la souveraineté de l’État, de la sécurité, de la cohésion sociale et de la compétitivité économique.
Pour y remédier, le gouvernement envisage de mettre en place un manuel de procédure administrative et technique pour le déploiement des infrastructures d’utilité publique. L’objectif est de protéger les réseaux de fibre optique, souvent endommagés par d’autres chantiers. De plus, la création d’un espace d’échange entre les parties prenantes permettra de planifier tout ouvrage pouvant impacter les équipements de télécommunications, afin de renforcer le contrôle qualité du régulateur.
Une commission interministérielle sera également mise en place. Elle regroupera les ministères sectoriels concernés, notamment l’Aménagement du territoire, l’Urbanisme et Habitat, les Affaires foncières, les Ressources hydrauliques et Électricité, ainsi que l’Économie numérique. Cette commission tiendra compte des cahiers des charges des opérateurs et veillera à l’application de mécanismes rigoureux de contrôle par l’autorité de régulation (ARPTC).
Le gouvernement a réaffirmé la nécessité de sanctions et de contrôles plus stricts de la part de l’ARPTC pour garantir des réseaux fiables, performants et résilients dans un environnement de concurrence loyale et de stricte protection des consommateurs. « À l’ère des technologies de l’information, du numérique et de l’audiovisuel, il est impératif de disposer de réseaux fiables, performants, résilients et continus, opérant dans une couverture équitable du territoire », conclut Patrick Muyaya.




