Autour de la table se trouvait le gouvernement, représenté par la Première ministre, le Vice-Premier ministre de l’Économie nationale, le ministre de l’Emploi et du Travail, la ministre du Portefeuille ainsi que le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement. Les partenaires sociaux, notamment l’Intersyndicale nationale (composée de 12 corporations) et le patronat, étaient également présents. À l’ordre du jour figuraient l’état des lieux du réajustement du SMIG et les perspectives pour la consolidation du dialogue entre partenaires sociaux.
Au cours des échanges, certains représentants des employeurs ont évoqué leur incapacité à appliquer, dès à présent, le SMIG projeté à 21 500 FC. Face à cela, la Première ministre a réaffirmé qu’il n’y aura pas de recul sur un acquis social jugé fondamental. Cette posture a été saluée par les représentants des travailleurs, qui estiment que Judith Suminwa Tuluka est entrée dans l’histoire sociale du pays pour avoir porté une augmentation historique du SMIG, sous l’impulsion du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
En effet, depuis 2007, le SMIG était resté figé à 7 075 FC, un montant devenu dérisoire face au coût de la vie. Le Gouvernement Suminwa l’a porté à 14 500 FC, avec une projection claire à 21 500 FC dès janvier 2026, traduisant la volonté de réhabiliter le travailleur congolais et de renforcer le pouvoir d’achat des ménages.
Cette réforme s’inscrit pleinement dans le Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) 2024–2028, notamment dans son premier pilier relatif à la création d’emplois décents et à la protection du pouvoir d’achat, ainsi que dans le principe directeur faisant du dialogue social un instrument clé de cohésion nationale. Pour aplanir les divergences persistantes entre le patronat et les travailleurs, la Première ministre a encouragé la tenue, dans les tout prochains jours, de la réunion du Conseil national du travail (CNT), cadre légal et permanent du dialogue social en République démocratique du Congo.
« La Première ministre a voulu s’assurer, six mois après la signature de son décret, de la compréhension commune et de l’effectivité de son application. Il y a des divergences, mais il est prévu que les partenaires se retrouvent autour du ministre du Travail au sein du Conseil national du travail, afin de préserver la paix sociale dans les secteurs public et privé », a déclaré le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.
De son côté, le ministre de l’Emploi et du Travail, Ferdinand Massamba wa Massamba, a rappelé l’existence d’un dispositif légal de suivi. « La loi prévoit une commission de suivi du SMIG. Elle a travaillé et, au bout de six mois, elle renvoie ses conclusions vers une instance plus large, le Conseil national du travail, qui sera convoqué pour examiner ce qui marche, ce qui ne marche pas et les ajustements nécessaires. »
Pour les travailleurs, la ligne du Gouvernement est claire. Le président de l’Intersyndicale nationale de l’administration publique, Fidèle Kiyangi, a salué l’engagement personnel de la Cheffe du Gouvernement. « Nous avons dit à Son Excellence Madame la Première ministre que le SMIG de 21 500 FC ne changera pas et que celui de 14 500 FC ne sera pas remis en cause. Elle nous a rassurés de son soutien et de sa détermination à faire appliquer son décret. » Il a ajouté que les travailleurs manquent de mains pour applaudir le Président de la République et la Première ministre pour avoir soutenu un SMIG à visage humain, respectueux du panier de la ménagère.
Notons que la prochaine réunion du CNT portera essentiellement les discussions sur la tension de 1 à 10 concernant l’application du SMIG, l’option à lever sur le SMAG (Salaire minimum agricole garanti) et les échanges sur les jours fériés.




