C’est une page de l’histoire nationale qui se tourne avec le décès de celle que l’on surnommait affectueusement la « Princesse Kiku du Mayombe ». Marie-Rose Kasa-Vubu n’était pas seulement la descendante d’une lignée prestigieuse ; elle était la gardienne vigilante d’un héritage politique fondé sur la dignité, l’intégrité et la souveraineté.
La gardienne du temple née dans l’ombre d’un géant de l’indépendance, Marie-Rose Kasa-Vubu a consacré une grande partie de sa vie à perpétuer la mémoire de son père, Joseph Kasa-Vubu, premier président de la République (1960-1965).
À travers des conférences, des initiatives mémorielles et des interventions publiques, elle s’est efforcée de transmettre aux jeunes générations les valeurs de l’État moderne dont son père fut l’architecte. Pour de nombreux observateurs, elle incarnait une forme de continuité historique, rappelant sans cesse l’importance de la rigueur morale en politique, une marque de fabrique de l’ère Kasa-Vubu.
Son surnom, lié à ses racines du Mayombe, témoignait de son ancrage profond dans la province du Kongo Central. Son influence s’étendait au-delà de la simple commémoration : elle a su insuffler ce goût du service public à sa descendance. Elle est en effet la mère biologique de Carole Kiatazabu Itambo, l’actuelle ministre provinciale des Hydrocarbures, de l’Entrepreneuriat, du Genre, de la Famille et des Enfants du Kongo Central.
Dès l’annonce de son décès à Kinshasa, les hommages ont afflué de la part de la classe politique et de la société civile. On salue une femme discrète mais d’une force de caractère exceptionnelle, qui a su porter avec élégance le poids d’un nom historique sans jamais en abuser.
Son départ laisse un vide immense non seulement pour sa famille biologique, mais aussi pour tous ceux qui voient en la famille Kasa-Vubu le symbole d’un Congo uni et respecté. Les détails concernant ses obsèques, qui s’annoncent d’ores et déjà comme un moment de recueillement national, seront communiqués ultérieurement par sa famille.




