L’imbroglio autour de la desserte en eau potable au sein de cette école met en lumière un dysfonctionnement entre les services de l’État et la direction régionale de la Regideso. Suite à l’alerte lancée par notre média, Socrates Kabeya Ngandu, Directeur régional de la Regideso Kongo Central, a apporté des éclaircissements sur une situation qui perdure malgré le statut d’établissement public de cette école. Il souligne d’emblée que la gratuité de la consommation d’eau pour les écoles publiques n’est pas une mesure automatique gérée au niveau local, mais dépend d’une chaîne de décision strictement centralisée à Kinshasa.
A cet effet, le Directeur Socrates Kabeya explique que le bénéfice de la prise en charge par le Trésor public relève de la compétence exclusive du Ministre national du Budget. « Ce problème doit être résolu sur plusieurs volets. Le premier est celui auquel on fait allusion par rapport à une école publique. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il y a déjà des structures qui bénéficient de cette prise en charge. Si une nouvelle structure se crée ou se forme, les démarches ne se font pas sur le plan local », dit-il.
Socrates Kabeya Ngandu précise que la direction régionale ne peut agir de son propre chef sans l’aval de la capitale. « C’est le ministre national du Budget qui a la compétence d’octroyer ce bénéfice. L’école doit nous écrire au niveau provincial et c’est à notre niveau de répertorier le dossier au niveau national. Après l’étude du dossier, Kinshasa répondra pour donner son aval. »
Des pannes causées par les travaux de la boucle d’Inkisi
À cette lourdeur administrative s’ajoute une difficulté technique de taille provoquée par les travaux de construction de la boucle d’Inkisi. Le responsable de la Regideso Kongo Central déplore que les chantiers routiers aient sérieusement endommagé le réseau. « Les travaux de la boucle d’Inkisi ont gravement endommagé les canalisations de la Regideso, à tel point que plusieurs quartiers ont connu des perturbations. »
Il fustige le manque de coordination des entreprises de construction qui auraient dû, selon les normes, attendre le financement de la délocalisation des installations. Il ajoute que, dans ce genre de travaux, avant même de commencer l’exécution, le chantier doit être visité par les impétrants ; c’est-à-dire les différentes structures ayant des installations sur le parcours du projet (Regideso, SNEL, sociétés de télécoms, etc.). Des devis sont alors établis par chaque entité pour déplacer leurs réseaux afin de permettre que les travaux se fassent normalement.
« Il y a eu la descente d’une équipe de la Regideso dans ce sens et, à l’issue, un devis a été établi. Le préalable, c’est le décaissement des fonds et la remise de cet argent aux entreprises concernées pour déplacer leurs installations. Mais à ce jour, rien n’a été fait. Conséquence : lors des travaux, ils ont banalisé les canalisations et le plus grand perdant, c’est la Regideso », regrette le directeur régional.
Malgré ces arguments techniques et administratifs, la réalité du terrain reste dramatique pour les élèves et le personnel du Lycée Mgr Verwimp. L’école rappelle pourtant qu’elle est raccordée depuis des années et que des démarches administratives ont été entreprises dès 2022.
Si la SNEL a déjà régularisé la situation pour l’électricité, la Regideso semble rester de marbre, exposant les enfants à des risques sanitaires graves. L’absence d’eau courante frappe particulièrement les jeunes filles, dont les besoins physiologiques exigent une hygiène irréprochable. Cette situation crée un paradoxe inacceptable alors que la gratuité de l’enseignement est prônée comme une priorité nationale par le sommet de l’État.




