L’heure est à la rigueur sanitaire au Kongo Central. La cérémonie d’installation de la nouvelle équipe de l’ACOREP a servi de tribune pour dénoncer le désordre qui caractérise la distribution et la fabrication des médicaments dans la province. Pour le Directeur général, Christian Ntumba Ngoy, la situation à Matadi nécessite une intervention musclée et immédiate.
Les chiffres révélés lors de cette cérémonie témoignent d’une dérégulation quasi totale. Selon le patron de l’ACOREP, la grande majorité des officines de la ville opèrent en dehors de tout cadre légal. « Les données en notre possession pour la ville de Matadi indiquent des inadéquations qu’il faut réguler absolument. La quasi-totalité des pharmacies de Matadi fonctionne sans autorisation d’ouverture », a déploré Christian Ntumba Ngoy.
Le secteur des grossistes et des laboratoires n’est pas non plus épargné par ce phénomène d’informalité. Sur les 23 établissements de distribution en gros répertoriés dans la ville de Matadi, seuls 7 sont autorisés. De même, sur les trois laboratoires de fabrication opérationnels, un seul est en règle vis-à-vis de l’administration.
L’implantation de cette division provinciale n’est donc pas une simple formalité, mais une urgence de santé publique. L’objectif est d’assainir le marché pour garantir que chaque médicament consommé par la population réponde aux normes de qualité, de sécurité et d’efficacité.
Christian Ntumba Ngoy a souligné que la mission de la nouvelle équipe sera d’assurer un « contrôle effectif et permanent » sur l’ensemble de la chaîne de valeur pharmaceutique. Cette régulation passe par l’identification stricte des opérateurs et la fermeture systématique des structures ne remplissant pas les conditions requises pour la manipulation des produits de santé.

Avec l’entrée en fonction de l’ACOREP au niveau provincial, les propriétaires d’officines et de dépôts pharmaceutiques sont désormais sous haute surveillance. Les autorités espèrent que cette présence va permettre de réduire drastiquement la circulation de médicaments de qualité douteuse, souvent issus de circuits non contrôlés.
Pour rappel, la division provinciale du Kongo Central de l’ACOREP est dirigée par le Dr Ariel Phanzu Luvunu. Son installation a été rehaussée par la participation du vice-gouverneur, Prospère Ntela Ntambidila.




