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Matadi : les journalistes outillés sur la santé sexuelle et reproductive par le RJSSR

Le Réseau des journalistes pour la santé sexuelle et reproductive (RJSSR), en partenariat avec Marie Stopes International (MSI), a organisé du 10 au 11 février 2026 un atelier de renforcement des capacités à Matadi. Cette session de formation visait à armer les professionnels des médias du Kongo Central sur les enjeux cruciaux des Droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR).

En ouvrant l’atelier, Bibiche Mbete, coordonnatrice nationale du RJSSR, a rappelé la genèse et la mission du réseau. Face au manque d’intérêt médiatique pour les questions de santé reproductive, le RJSSR s’est donné pour défi de renverser la tendance. « Nous nous sommes donné comme mission de contribuer à la promotion de la santé en général, et de la SSR en particulier, par la sensibilisation du public. L’objectif est d’influencer des comportements responsables vis-à-vis de soi-même et des autres », a-t-elle déclaré.

Mortalité maternelle, une épidémie silencieuse

Le docteur Aimé Dinzau, médecin-chef du Programme national de la santé de la reproduction (MC-PNSR), a apporté un éclairage technique et alarmant sur la situation dans la province. Il a défini la santé sexuelle et reproductive non pas seulement comme l’absence de maladie, mais comme un état de bien-être physique, mental et social complet lié à l’appareil génital.

Les statistiques présentées lors de l’atelier dressent un constat alarmant, qualifiant la mortalité maternelle au Kongo Central d’« épidémie silencieuse ». Selon l’analyse du Dr Aimé Dinzau, la grande majorité des décès, soit 75 % (3/4), est due à des causes directes liées aux complications de la grossesse et de l’accouchement. Les hémorragies dominent largement ce tableau sombre (33 %), suivies par les infections (14 %), l’éclampsie (8 %), les dystocies (8 %) et les avortements à risque (7 %).

Parallèlement, les causes indirectes représentent 25 % (1/4) de cette mortalité, résultant de pathologies préexistantes aggravées par l’état de gestation. Le Dr Aimé Dinzau a notamment pointé du doigt l’impact sévère du paludisme et de l’anémie, mais aussi des maladies telles que l’hépatite, la tuberculose et le VIH. Ce panorama étiologique souligne l’urgence d’une prise en charge holistique pour protéger la vie des mères dans la province.

Cadre légal et engagement médiatique

Un volet important de la formation a été consacré aux instruments juridiques, notamment le Protocole de Maputo (Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes). Bibiche Mbete a insisté sur la nécessité pour les journalistes de maîtriser les lois de la RDC pour produire des contenus éducatifs de qualité. L’objectif final est de réduire les avortements clandestins et dangereux en promouvant l’accès à des services sécurisés et médicalisés, conformément à la législation en vigueur.

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Vue de la salle de formation avec Bibiche Mbete, Coordonnatrice nationale du RJSSR.

Il faut dire que l’atelier a également introduit le concept de masculinité positive. Cette approche invite les hommes à rejeter les stéréotypes toxiques pour adopter des comportements basés sur le respect, l’égalité et la bienveillance. Il s’agit d’impliquer l’homme comme un partenaire actif et responsable dans la gestion de la santé du couple et de la famille.

Après Kinshasa, le Kwango et le Kwilu, le RJSSR poursuit son déploiement national. Après Kisantu et Matadi, d’autres villes de la province du Kongo Central devraient prochainement bénéficier de ce programme de renforcement des capacités.

Reagan Nsiese

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