L’affaire concerne les journalistes André Matombe, Moïse Mvumbi et Christelle Makengo. Ces derniers sont poursuivis pour diffamation suite à une plainte déposée par une dame qui serait une proche du président de l’Assemblée provinciale du Kongo Central. Au cœur de l’affaire figure la diffusion d’informations alléguant que la plaignante aurait été mise enceinte par le président de l’organe délibérant de la province.
Initialement, le mandat d’amener visait quatre journalistes. Outre le trio précité, Erick Solo figurait également sur la liste des personnes interpellées. Cependant, l’issue de l’instruction a pris une tournure différente pour ce dernier. « Erick Solo a été libéré faute de preuves, mais nous trois sommes restés ici et nous passons notre première nuit au cachot », a confié l’un des journalistes détenus.
Lors de la confrontation (deuxième comparution) organisée ce vendredi au Parquet, la plaignante ne s’est pas présentée physiquement. Les journalistes ont dû faire face à une personne interposée agissant en son nom, une situation qui soulève des interrogations sur la régularité de la procédure de confrontation directe.
« Lors de la confrontation, la représentante qui a agi par procuration au nom de la plaignante n’a pas su démontrer où ni comment les journalistes auraient diffamé. En effet, nulle part dans les publications de ces trois journalistes n’est mentionné le nom du président de l’Assemblée provinciale ou de l’institution elle-même. De même, la plaignante n’est citée nommément nulle part, et aucun des faits reprochés aux journalistes ne figure dans leurs écrits », précise une autre source.

Cette arrestation intervient dans un climat politique particulièrement tendu, où les relations entre le gouvernorat et l’Assemblée provinciale sont scrutées de près. Il est à noter que les trois journalistes comptent parmi les communicateurs qui défendent activement le gouverneur de province. Ce placement sous mandat d’arrêt provisoire est perçu par certains comme une mesure de pression, en attendant que l’affaire soit fixée.
À ce stade, aucune communication n’a été faite par les organisations professionnelles des médias. Toutefois, ces dernières pourraient se saisir du dossier dans les prochaines heures pour exiger une procédure équitable et solliciter la libération provisoire de leurs confrères.




