Une délégation de retraités de cette entreprise publique a été reçue ce mardi 17 février par Jean-Pierre Lueso, Directeur de cabinet adjoint du gouverneur du Kongo Central, en charge des questions politiques et administratives. L’objectif de cette audience était de poser sur la table un dossier qui s’enlise depuis plus d’une décennie. À l’issue des échanges, le cabinet a promis de transmettre les revendications à la hiérarchie pour une solution dans les meilleurs délais.
Le constat dressé par les délégués est alarmant. Depuis le début de ce blocage, 320 retraités sont décédés sans jamais avoir touché le fruit de leurs années de services. Face à ce qu’ils qualifient de situation inédite depuis la création de l’entreprise en 1935, les manifestants n’hésitent plus à parler de « génocide des retraités ».
Au-delà des simples retards de paiement, les retraités dénoncent une gestion administrative qu’ils jugent illégale et déconnectée des réalités sociales. Ils accusent l’ONATRA de violer systématiquement le Code du travail et la Convention collective, pointant notamment l’échec cuisant de l’opération de mise à la retraite de 2023.
Cette situation est aggravée par l’arrêt du versement des cotisations à la CNSS depuis 2017, un manquement grave qui bloque toute prise en charge médicale ou sociale de ces anciens agents, les laissant ainsi dans une précarité absolue.
Sur le plan financier, le tableau est tout aussi sombre. Les retraités fustigent des erreurs récurrentes dans le calcul de leurs indemnités de fin de carrière, systématiquement sous-évaluées. Leurs salaires d’attente, déjà maigres, subissent des réductions injustifiées et un calendrier de paiement erratique.
Pour beaucoup, notamment les retraités de la vague 2023, l’attente devient insoutenable avec des arriérés de rentes pouvant atteindre 36 mois, plongeant ces serviteurs de l’État dans un dénuement total alors qu’ils sont purement et simplement ignorés par les services de paie.
Aujourd’hui, ces anciens serviteurs de l’État demandent une intervention urgente des autorités provinciales et du gouvernement central. Pour eux, il ne s’agit plus seulement d’une question de procédure administrative, mais d’une question de survie et de dignité humaine.




