L’objectif de cette rencontre est de dégager des mécanismes concrets d’appui aux efforts du Gouvernement afin de préserver l’accès aux services essentiels dans les zones affectées par les conflits.
Dans son allocution, la Cheffe du Gouvernement a rappelé l’engagement des autorités congolaises, aux côtés du Président de la République, à respecter et à promouvoir le droit international humanitaire, notamment en ce qui concerne la protection des civils, du personnel de santé et des infrastructures indispensables à la survie des populations.
« Nous sommes déterminés à faciliter, dans le respect de notre souveraineté et de nos responsabilités, les opérations humanitaires permettant d’assurer un accès sûr, rapide et non discriminatoire aux services essentiels dans les zones de conflits. Nous reconnaissons le rôle essentiel des partenaires humanitaires, en particulier ceux de l’Union européenne et du Comité international de la Croix-Rouge, qui agissent avec transparence et en plein respect des principes humanitaires au service des populations les plus vulnérables », a déclaré Judith Suminwa.
La Cheffe du Gouvernement a assuré que les conclusions issues de ces travaux feront l’objet d’un examen approfondi au sein de la task force gouvernementale compétente.
« Les conclusions et recommandations issues de cette Table ronde seront examinées avec la plus grande attention et intégrées dans les travaux de la task force, en vue d’identifier des mesures concrètes pour améliorer la continuité des services essentiels. Le Gouvernement est prêt à explorer, avec ses partenaires, des mécanismes innovants et opérationnels, y compris la possibilité de définir un socle commun d’engagements ou “compact santé” visant à garantir la continuité des services essentiels dans les zones affectées par les conflits », a-t-elle précisé.
La République démocratique du Congo demeure confrontée à des défis sécuritaires persistants, particulièrement dans sa partie Est, où des forces négatives, dont l’armée rwandaise et ses supplétifs de l’AFC/M23, continuent de menacer la stabilité, la sécurité des populations et l’intégrité territoriale du pays.
Cette situation alimente une crise humanitaire complexe et prolongée, marquée par des déplacements massifs de populations, des risques élevés pour la protection des civils et une pression accrue sur les services de base, notamment la santé et l’accès à l’eau potable.
Après la table ronde, la Première Ministre a eu une séance de travail avec la partie européenne conduite par Hadja Lahbib, Commissaire de l’UE pour l’égalité, la préparation et la gestion des crises. Au cours des échanges, cette dernière a dénoncé le fait que les humanitaires soient devenus la cible des forces d’occupation dans l’Est.
« Je me rends ce soir même au Burundi, puis à Goma. L’objectif est de faciliter le travail des acteurs humanitaires, rendu extrêmement difficile dans l’Est à cause de l’occupation et de l’insécurité qui règne jusqu’à Uvira », a-t-elle annoncé.
Sur un ton grave, la Commissaire européenne regrette que l’aide humanitaire arrive difficilement aux populations.
« Nos acteurs humanitaires peinent à atteindre les populations. Aujourd’hui, environ 14 millions de Congolais dépendent entièrement de l’aide humanitaire, particulièrement dans l’Est où l’on dénombre près de 7 millions de déplacés internes et de réfugiés, y compris au Burundi. Nous opérons selon les principes de neutralité, d’impartialité et d’indépendance. Or, nos partenaires rapportent qu’ils sont taxés et subissent des lourdeurs administratives multiples », a-t-elle condamné.
Le Gouvernement Suminwa, de son côté, prend le taureau par les cornes et met tout en œuvre pour assister les victimes, déplacés comme réfugiés, en appuyant le travail des humanitaires. L’Exécutif entend renforcer la coordination avec ses partenaires afin de garantir, même en période de conflit, un accès effectif et durable aux services essentiels pour les populations les plus vulnérables, conformément aux deuxième et quatrième piliers de son Programme d’action.
Outre la Première Ministre, plusieurs autres membres du Gouvernement ont pris part à ces rencontres, notamment Jacquemain Shabani, Vice-premier Ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, et Eve Bazaïba, Ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale.




