À l’issue de l’audience, le prélat a confié qu’il s’agissait de sa toute première rencontre avec la Cheffe du Gouvernement. « Comme évêque de Kisantu, je pensais qu’il fallait référer la situation de la population et de la contrée où est situé le diocèse de Kisantu », a-t-il déclaré. Les discussions ont porté sur la situation sociale de l’ancien district de la Lukaya ainsi que sur les difficultés auxquelles l’Église est confrontée dans l’accomplissement de sa mission pastorale et sociale.
La RN16, artère vitale à l’agonie
Au cœur des préoccupations soulevées figure la dégradation alarmante de la Route nationale 16. Selon Mgr Kimbeni, cette voie est « pratiquement impraticable », avec des conséquences directes sur la vie économique locale. Conséquence de cette dégradation: l’impossibilité d’évacuer les produits agricoles vers les grands centres de consommation qui décourage progressivement les paysans.
« Au fil des années, la population ne s’évertue plus à travailler les champs », a-t-il regretté, soulignant que la braise (charbon de bois) demeure aujourd’hui le principal produit exporté de la zone, en raison de sa résistance à la détérioration. Une situation qui, selon lui, encourage la déforestation et compromet les perspectives de développement durable.
Une économie locale fragilisée
L’évêque de Kisantu a également attiré l’attention de la Première Ministre sur l’état des routes de desserte agricole, elles aussi, en mauvais état. L’absence d’infrastructures routières fonctionnelles freine la relance des cultures vivrières et accentue la précarité des ménages dans l’ancien district de la Lukaya.
« On ne peut pas promouvoir le développement d’un peuple en déboisant d’abord pour faire de la braise », a-t-il insisté, appelant à des solutions structurelles pour redynamiser l’agriculture et préserver l’environnement.
Face à ces doléances, la Première Ministre a manifesté une réelle volonté politique d’apporter des réponses concrètes aux problèmes de cette circonscription. Cette rencontre pourrait ainsi ouvrir la voie à une prise en charge plus soutenue des infrastructures routières et à un accompagnement accru des communautés locales.
En effet, le 3e pilier du Programme d’actions du Gouvernement relie la modernisation des infrastructures routières à la stimulation de la croissance économique. Parmi les projets en cours, il y a la réhabilitation et l’entretien de 10.000 km de routes de desserte agricole par an à travers les 145 territoires.
Pour les habitants de Kisantu et de l’ancien district de la Lukaya, l’espoir repose désormais sur la traduction rapide de ces échanges en actions visibles sur le terrain.




