Pour le Dr Mpolo Nsemi, les rébellions qui se succèdent ne sont que les différentes faces d’une même pièce. Il pointe du doigt une logique qui, depuis des décennies, semble donner raison à la violence au détriment de la fidélité aux institutions.
« L’AFDL, le RCD, le CNDP et le M23 sont le même caméléon qui change de couleur au fil du temps et qui a toujours gagné lors des négociations à l’Est du pays. Une fois de plus, cette réalité semble prête à se répéter », prévient-elle.
Selon l’auteure, cette répétition historique a créé une motivation perverse chez certains acteurs politiques. « Beaucoup finissent par se dire : si je suis mécontent, je peux prendre les armes et, à la fin, je serai récompensé, parfois même davantage que ceux qui ont défendu les institutions de la République. »
Un appel à la vigilance de Félix Tshisekedi
La plus grande inquiétude réside dans l’intégration systématique des rebelles au sein de l’appareil d’État (Ministères, entreprises publiques, commandements militaires) après chaque forum de paix. Une pratique qui, selon le Dr Mpolo Nsemi, fragilise la nation sur le long terme.
Adressant un message direct au sommet de l’État, il exhorte le Président à une rupture netteresponsable. « Le Président doit faire preuve de prudence : celui qui a trahi aujourd’hui pourrait trahir demain. Le dialogue ne doit pas devenir un mécanisme qui récompense systématiquement ceux qui trahissent la nation pour des intérêts égoïstes. »
Loin de rejeter l’idée d’une résolution pacifique, Dr Mpolo Nsemi plaide pour un changement radical de casting. Il appelle à ce que la table des négociations soit occupée par la compétence plutôt que par la menace.
« Nous souhaitons voir émerger de nouvelles figures dans ce dialogue, des femmes et des hommes porteurs d’idées pour le développement du pays, et non ceux qui vivent des crises à répétition pour obtenir leur part du pouvoir. »
Il conclut par une exigence de justice et de responsabilité pour que ce futur échange soit véritablement le dernier du genre. « Oui au dialogue intercongolais, mais un dialogue juste, équilibré et responsable. »




