Cet ambitieux projet hospitalo-universitaire a été baptisé du nom de Judith Suminwa, la cheffe du gouvernement, en hommage à son élévation au rang de première femme Première Ministre de la République démocratique du Congo et première personnalité issue du Kongo Central à occuper cette fonction. À l’approche de cet événement, la population de la province se prépare à lui réserver un accueil chaleureux.
Le recteur de l’Université Kongo, le Professeur Germain Kuna Maba Mambuku, a souligné l’importance capitale de cette infrastructure pour la faculté de médecine. « Notre faculté de médecine a grandement besoin d’une unité de formation et de recherche. Cette unité, ce sont justement les cliniques universitaires, qui jouent un rôle fondamental sur le plan de la recherche, mais aussi de l’amélioration des services à la communauté en termes de soins de santé », a-t-il expliqué.

Le projet prévoit la construction de polycliniques d’une capacité de 3 000 lits, intégrant l’ensemble des services médicaux nécessaires pour répondre aux besoins de la population et aux exigences académiques.
Pour le recteur, le choix de baptiser les cliniques universitaires au nom de la Première Ministre s’inscrit dans une logique symbolique forte. « Aujourd’hui, nous avons trois éléments qui font la force du Kongo Central : l’Église kimbanguiste, l’Université Kongo — qui a remplacé l’ABAKO — et la toute première femme Première Ministre, première personnalité de la province à occuper ce poste. Quoi de plus normal que d’honorer cette personnalité qui s’est distinguée parmi nous », a-t-il justifié.
Le Comité de gestion de l’Université a ainsi levé l’option de donner à ce complexe hospitalier le nom de Judith Suminwa Tuluka, en reconnaissance de son parcours et de son rôle historique.
Le coût global des cliniques universitaires est estimé à 6,7 millions USD, auxquels s’ajoutent 2,5 millions USD pour l’acquisition des équipements médicaux. Les travaux du premier module devraient s’étendre sur une période d’un an et six mois. Dans le cadre de ce projet, la faculté de médecine de l’UK sera délocalisée de Kisantu vers Luangu, sur un site de 24 hectares appartenant à l’Université.

Mais l’ambition va bien au-delà de simples cliniques. L’UK prévoit la construction d’un vaste complexe médical comprenant les cliniques universitaires, la faculté de médecine et une faculté de médecine bucco-dentaire, un Institut supérieur technique médical, une école de santé publique, un grand laboratoire de fabrication et de production de médicaments et un centre spécialisé dans les maladies tropicales.
La réalisation complète de ce « pool médical » est projetée sur cinq ans, pour un coût global estimé à 50 millions USD. Pour mobiliser les fonds nécessaires, l’Université Kongo mise sur une approche participative. Elle prévoit de recourir à une e-collecte afin de réunir 40 % du montant requis. Les 60 % restants seront ouverts à l’investissement de volontaires, qui deviendront copropriétaires du projet. « Toutes les personnalités qui veulent bien participer à cette aventure contribueront. Ceux qui investiront leur argent seront d’office copropriétaires », a précisé le recteur.
L’Université Kongo affiche clairement son ambition de devenir la meilleure faculté de médecine d’Afrique centrale. Déjà, selon ses responsables, près de 80 % des médecins exerçant dans la province du Kongo Central seraient issus de l’UK. En outre, environ 30 % des médecins prestataires en Angola seraient des produits de cette université.
Avec la pose imminente de la première pierre par Judith Suminwa, l’Université Kongo se prépare à franchir une étape décisive dans la concrétisation de ce vaste projet, porteur d’espoir pour la formation médicale, la recherche scientifique et l’amélioration des soins de santé dans la province du Kongo Central.




