La salle des réunions du Parquet général près la Cour d’Appel du Kongo Central a servi de cadre à cette formation intensive d’une journée. L’objectif principal était d’harmoniser les pratiques judiciaires face aux fléaux des violences sexuelles et de clarifier le cadre juridique qui entoure l’interruption de grossesse, conformément aux engagements internationaux de la RDC.
Le facilitateur de l’atelier, Léon Kahindo Matale, Procureur général et formateur au CSM/REMAP-14, a souligné l’importance de distinguer les pratiques illégales des droits garantis par le cadre légal actuel.
« Nous sommes venus discuter avec les magistrats pour que les dossiers de violences sexuelles soient traités en toute célérité, comme l’exige la loi, et aussi pour faire une démarcation entre les avortements clandestins et les avortements autorisés, dits sécurisés, conformément au Protocole de Maputo (Article 14.2.C) », a-t-il précisé.
Selon lui, cette formation est essentielle pour protéger non seulement les droits reproductifs des femmes, mais aussi le personnel médical, souvent confronté à des dilemmes juridiques lors de prises en charge d’urgence.
Par ailleurs, l’atelier a permis un échange direct sur les réalités du terrain. En tant qu’organe de supervision, le Parquet général doit veiller à la qualité du travail abattu par les offices inférieurs. Léon Kahindo s’est d’ailleurs félicité de la qualité de l’auditoire.
« L’auditoire était participatif. Nous avons échangé sur les spécificités de notre travail pour que le Parquet général puisse orienter les jeunes magistrats vers une meilleure prise en charge des victimes et une répression efficace des auteurs », a ajouté Léon Kahindo Matale.
À l’issue de cette session, l’installation de cellules spécialisées de répression des violences sexuelles et de gestion des dossiers d’avortement est prévue au sein du Parquet général. Ces structures permettront d’assurer un suivi statistique rigoureux, conformément aux directives de la hiérarchie du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM).
Clôturant les travaux au nom du Procureur général, l’Avocat général Jean Jacques Longandjo Alange Onehese a insisté sur la mise en pratique immédiate des acquis. Il a rappelé des points techniques importants, comme l’établissement de doubles réquisitions (médicale et psychologique) pour garantir la gratuité des soins aux victimes.
« Nous sommes les premiers qualifiés pour redresser les errements de fait et de droit auxquels nous sommes exposés chaque jour », a-t-il martelé devant l’assemblée, avant d’ajouter que « la finalité de tout apprentissage étant l’action, j’exhorte chacun à veiller à la mise en œuvre de nos résolutions en améliorant nos observations lors du traitement des dossiers de supervision. »

Il faut souligner que ce projet, porté par le Conseil Supérieur de la Magistrature avec l’appui technique et financier de MSI-RDC, s’inscrit dans une approche nationale. En dotant les onze magistrats du Kongo Central d’outils modernes et de procédures clarifiées, la justice congolaise espère réduire drastiquement les délais de traitement des dossiers et, in fine, restaurer la dignité des survivantes de violences.




