Depuis quelque temps, la construction du stade Mfuki semble au point mort. Dans une première phase, les réseaux sociaux sont ciblés par une campagne qui ressemble à un sondage d’opinion. Les initiateurs proposent des cotisations “populaires” allant jusqu’à 50 dollars par personne, avec un objectif de 1 million de dollars pour finaliser l’ouvrage. Cette démarche soulève des soupçons : pourrait-elle tromper la communauté ?
Pour rappel, la construction de ce stade fait partie d’un contrat signé entre le gouvernement provincial du Kongo Central et Toha Investment SARL. Ce marché de 8 millions de dollars américains porte sur la modernisation de 2,78 km d’avenues et la construction d’un parking de 1 636 m² à Mbanza-Ngungu, l’édification du stade Mfuki, la réalisation du port de Lukaya et l’aménagement de 1 500 m de route à Kasangulu. Si les travaux à Mbanza-Ngungu sont visibles, ceux de Madimba (stade) et de Kasangulu piétinent.
Cet état de fait interroge : où se situe le problème ? Nos enquêtes révèlent des lacunes dans l’exécution des engagements de Toha Investment SARL. Par exemple, sur le contrat avec le BCECO (Bureau Central de Coordination) pour la route Kananga-Kalamba Mbuji (230 km), la déception a été telle que le directeur général, Jean Mabi Mulumba, a adressé une mise en demeure à l’entreprise pour accélérer les travaux.
D’autres irrégularités ont été relevées. En septembre 2023, Toha devait justifier 9 millions de dollars perçus. À la relance des travaux en juillet 2024, l’Office des Routes a refusé de certifier des factures de 14 millions de dollars qu’aurait perçues l’entreprise Toha. Pire, la route Kalamba-Mbuji a été abandonnée : les agents ont été mutés de nuit vers Tshikapa pour un autre chantier, la route Tshikapa-Kandjaji. L’entreprise était également chargée de construire un stade dans la commune de Ndjili à Kinshasa.
Pour le stade Mfuki, le mystère persiste : les responsables refusent de préciser le montant initial du devis, les fonds déjà décaissés et justifient pourtant un besoin de 1 million de dollars pour achever les travaux. Ce flou décisionnel alimente les soupçons à plusieurs niveaux.




