Radio

Un an après la disparition de Junior Ngimbi Phanzu, sa famille vit dans l’angoisse

Le 6 avril 2022, Junior Ngimbi Phanzu, militant politique actif au sein du parti ECIDé (Engagement pour la Citoyenneté et le Développement), disparaît après avoir été enlevé par des agents présumés de l'Agence Nationale des Renseignements (ANR). Un an plus tard, ses proches vivent toujours dans une attente douloureuse, sans nouvelles, sans réponses

Junior Ngimbi, diplômé d’État en pédagogie générale, était un militant bien connu à Matadi, où il occupait le poste de chargé de mobilisation pour l’ECIDé dans la commune de Nzanza. À ce titre, il participait régulièrement aux manifestations pacifiques organisées pour dénoncer l’insécurité grandissante dans la ville, les enlèvements et les meurtres.

Le 12 mars 2022, il avait pris part à une marche pacifique du parti. Celle-ci, bien qu’autorisée selon les organisateurs, a été brutalement dispersée par les forces de l’ordre. Quelques jours plus tard, le 6 avril, alors qu’il quittait une réunion politique avec d’autres militants, un bus s’arrête à proximité. Un homme armé les menace, et les contraint à monter à bord.

Selon certains témoignages, les hommes à bord se sont révélés être des agents de l’ANR. Ils ont bandé les yeux et la bouche des militants, avant de les frapper violemment avec leurs bottes et des cordes. Junior Ngimbi est ensuite enfermé pendant trois jours dans une cellule inconnue avec une dizaine d’autres personnes, sans nourriture ni eau.

Depuis cette date, Junior Ngimbi n’a plus jamais été revu. Sa famille, plongée dans une angoisse insoutenable, n’a cessé de le chercher. Visites dans les centres de détention, lettres officielles, saisines d’ONG… toutes les démarches sont restées sans réponse.

« Nous continuons toujours sa recherche et nous espérons un jour le revoir encore », confie Papy Nkondi Mpanzu, son grand frère, contacté par Kongo Média. Des rumeurs ont évoqué une possible présence de Junior à Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo, mais aucune de ces pistes n’a pu être vérifiée.

Le cas de Junior Ngimbi n’est pas isolé. À Matadi et dans d’autres villes du Kongo Central, plusieurs militants politiques ont signalé des intimidations, des arrestations arbitraires et des disparitions inquiétantes. La répression des voix dissidentes semble s’intensifier, dans un climat où manifester pacifiquement peut entraîner des conséquences dramatiques.

Le parti ECIDé a, de son côté, officiellement alerté ses instances à Kinshasa et appelé à l’ouverture d’une enquête. Dans une lettre datée du 19 septembre 2022, le secrétaire provincial Pascal Tulu Mayunda dénonce une « disparition inhabituelle et inquiétante » et réclame des actions concrètes.

Aujourd’hui, la famille de Junior Ngimbi, tout comme ses camarades politiques, réclame une chose : la vérité. « Ce silence est insoutenable », insiste son frère. Les ONG de défense des droits humains, les institutions judiciaires congolaises, et la communauté internationale sont appelées à se mobiliser.

Un an après, la disparition de Junior Ngimbi reste un symbole glaçant de la répression des libertés en République démocratique du Congo. Une blessure ouverte, dans l’attente de justice.

Reagan Nsiese

Articles similaires

Le territoire de Kasangulu trahi par ses propres ressortissants ?

Kasangulu est la porte d’entrée du Kongo Central, au moment où Muanda est la porte de sortie de la RDC par mer. Contrairement à l’image apparente qu’il donne, la réalité est tout autre. Lors d’un bref séjour de Kongo Média dans ce territoire (du 10 au 13 janvier 2026), votre média s’est intéressé à quelques secteurs vitaux.

Kongo Central : bientôt le début de l’opération de contrôle des permis biométriques

Après la ville-province de Kinshasa, la province du Kongo Central est désormais prête à lancer l’opération de contrôle des nouveaux permis de conduire biométriques. La nouvelle a été annoncée au Gouverneur de province par une délégation du ministère des Transports, en mission au Kongo Central pour remettre les équipements nécessaires au début effectif de cette opération.

La Regideso Inkisi met la vie des enfants en danger

Pourtant, son cri de marketing est « L'eau, c'est la vie ». Pendant ce temps, 485 élèves du secondaire et 558 du primaire sont exposés à diverses maladies au Lycée Mgr Verwimp, une école officielle conventionnée catholique du diocèse de Kisantu, par manque d'eau.

Kinzau-Mvuete : justice populaire, un présumé voleur lynché au quartier Lutete

Dans un contexte d'insécurité marqué par la recrudescence du phénomène Kuluna et du banditisme à Kinzau-Mvuete, un présumé voleur a été battu à mort par la population avant de succomber au centre de santé de référence où il avait été admis en urgence.

Kongo Central : lancement de l’identification des enseignants et apprenants pour fiabiliser les données éducatives

Dans le but de renforcer la sécurité et la fiabilité des données statistiques dans le secteur de l’enseignement au Kongo Central, Jean-Jacques Tuba Bozi, ministre provincial en charge de l’Éducation, a procédé, ce mardi 13 janvier, au lancement de la première phase de l’identification des enseignants et des apprenants.

Muanda : sécurité et bon fonctionnement des services de l’État au cœur d’une réunion sectorielle présidée par le chef de secteur de Boma Bungu

Une réunion de travail s'est tenue le mardi 13 janvier 2026 à l'hôtel Carrefour Familial, situé au Km 8, sous la présidence du chef de secteur de Boma Bungu, Maître Édouard Nzuiki Luzolo. Cette rencontre a réuni les chefs d'agglomération, les chefs de cellule ainsi que les responsables des différents services de l'État œuvrant dans le secteur de Boma Bungu.