Le Tribunal militaire de garnison de Matadi a rendu son verdict dans la nuit du mardi 18 au mercredi 19 mars 2025 à 1h25, à l’issue d’un procès en flagrance impliquant 67 prévenus poursuivis pour association de malfaiteurs et terrorisme. Ce procès, qui s’est déroulé en deux jours, a suscité un grand intérêt en raison du nombre élevé d’accusés, dont des membres des forces de l’ordre et des mineurs.
Parmi les prévenus, un a été reconnu non coupable et libéré sur-le-champ, tandis que quatre autres ont été condamnés à 20 ans de prison avec circonstances atténuantes. Les 62 restants ont écopé de la peine de mort, la plus lourde prévue par la loi congolaise.
Le procès s’est tenu en audience publique au terrain Damar, sous la présidence du juge Joël Dikoko, en présence de plusieurs autorités, dont le ministre de la Justice, Constant Mutamba Ntungunga, le gouverneur du Kongo Central, Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo, et le président de l’Assemblée provinciale, Papy Mantezolo Diantezua.
Les accusés, qualifiés de “Kulunas”, étaient poursuivis pour divers crimes, notamment des vols à main armée, des agressions physiques, des destructions de biens et des actes de terreur dans la ville portuaire de Matadi. Parmi eux figuraient un adjudant-chef des FARDC, un policier du Groupe mobile d’intervention (GMI) et 12 mineurs, dont un ressortissant angolais.
La présence de ces mineurs devant un tribunal militaire a soulevé des questions juridiques, puisque leur juridiction naturelle est le Tribunal pour enfants. En principe, le tribunal militaire aurait dû se déclarer incompétent à leur égard, a fait savoir le collectif des avocats de la défense.
Alors que l’audience se poursuivait en soirée lors du premier jour, elle a été interrompue vers 22h15 en raison du malaise d’un des juges. La séance a repris le mardi matin avant la lecture du verdict final dans la nuit du mercredi.
Signalons que ce jugement, marqué par la sévérité des peines prononcées, relance le débat sur l’application de la peine de mort en République démocratique du Congo, ainsi que sur le respect des procédures judiciaires pour les mineurs.