Les secouristes ont pu extraire trois rescapés des décombres, immédiatement transportés à l’hôpital pour des soins. Malheureusement, huit personnes ont perdu la vie. Le premier corps, celui d’un enfant, a été retrouvé dans la nuit de samedi à dimanche. Les recherches ont permis de découvrir cinq autres victimes au matin du 30 mars, portant le bilan provisoire à six morts mais avec deux autres corps ensevelis sous les décombres.
Le Maire de Matadi, Dominique Nkodia, s’est rendu sur place pour constater les dégâts et exprimer sa solidarité envers les familles endeuillées. “C’est vraiment dramatique ce que nous venons de vivre ici. Nous présentons nos condoléances aux familles éprouvées et à toute la population de Matadi.”
Il a salué le travail des forces de l’ordre, qui ont rapidement sécurisé les lieux et empêché tout acte de pillage.
“Déjà vers 1h du matin, nous étions ici. Comme c’était la nuit et qu’il faisait sombre, certains inciviques ont tenté de profiter de la situation pour piller l’entreprise Zhengwei. Heureusement, grâce au professionnalisme de notre police, le calme a été rétabli. Les recherches continuent, car il y a encore des disparus que nous n’avons pas retrouvés”, ajoute-t-il.
L’autorité urbaine a également souligné l’engagement des équipes de la Croix-Rouge et la solidarité des habitants du quartier, qui ont participé aux opérations de secours tout au long de la nuit.
Des constructions anarchiques mises en cause
Dominique Nkodia a dénoncé la prolifération des constructions illégales à Matadi, soulignant que certaines zones ne sont pas adaptées à l’urbanisation en raison du relief accidenté de la ville.
“Nous disons toujours qu’il ne faut pas construire n’importe où. À l’époque coloniale, certaines zones étaient réservées comme espaces verts, mais aujourd’hui, les gens construisent partout sans respecter les normes urbanistiques. Ce sont les conséquences que nous déplorons maintenant.”
Il a annoncé des mesures strictes contre les agents corrompus qui délivrent des permis de construire sans évaluer la stabilité des sols.
“Les autorités chargées d’octroyer les autorisations doivent descendre sur le terrain avant de valider un projet. Ici, la fondation a été faite en pierres, mais peut-être que le sol n’était pas stable. Après 10 ou 20 ans, nous nous retrouvons avec ce type de catastrophe. Nous allons prendre des dispositions très sévères contre ceux qui délivrent des permis de construire sans respecter les normes.”
Face à la gravité de la situation, le Maire a exhorté la population à éviter les zones à risque et a promis un suivi transparent des enquêtes et des mesures préventives à venir. Les autorités locales restent mobilisées pour gérer les conséquences de ce drame et prévenir de nouvelles tragédies.