Lors de la cérémonie d’ouverture, tenue au Centre culturel international de Kinshasa, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a officiellement lancé les travaux. Engagé dans la reconnaissance mémorielle de ce génocide oublié, le couple présidentiel a marqué sa présence aux côtés de plusieurs personnalités politiques nationales et internationales.
Cette table ronde poursuit trois objectifs majeurs : documenter les massacres perpétrés en RDC pour bâtir un récit historiquement et scientifiquement solide, élaborer un plaidoyer international pour la reconnaissance de ce génocide et inscrire cette mémoire dans l’éducation et les médias afin de sensibiliser les générations futures et prévenir de nouvelles atrocités.
« Il est essentiel que les Congolais s’approprient leur propre histoire avant d’exiger une reconnaissance internationale. Ce travail de mémoire servira de base à un plaidoyer structuré et cohérent pour la justice et la réparation, tout en empêchant que de telles horreurs ne se répètent à l’avenir », a déclaré Patrick Fata, Directeur général du FONAREV.
Interrogé sur les chances d’obtenir une reconnaissance internationale, Patrick Fata estime que le moment est propice. Concernant les réparations, il insiste sur la nécessité d’une reconnaissance officielle avant toute démarche judiciaire.
« Aujourd’hui, nous pensons que les étoiles sont alignées pour que la voix de la RDC soit enfin entendue. Nous voulons bien faire les choses. Il faut d’abord établir les faits dans un document solide, qui servira de base à notre plaidoyer. »
Il évoque également la possibilité d’une condamnation d’États ou d’acteurs économiques impliqués, comme ce fut le cas avec le jugement de la Cour internationale de justice contre l’Ouganda.
Dans son allocution, le Président Tshisekedi a exhorté les Congolais à s’approprier cette mémoire collective et a annoncé la mise en place d’un groupe d’experts chargé d’évaluer les préjudices humains et matériels causés par ce génocide économique.
Avec 10 millions de morts, 6 millions de déplacés internes, 27 millions de personnes en détresse et plus de 200 fosses communes répertoriées, la RDC réclame justice après 30 ans de violences de masse. « Nous devons nous unir pour faire entendre la voix de notre pays et exiger que ces crimes ne restent pas impunis. »
À travers cette table ronde, la RDC entend briser le silence et inscrire définitivement le GENOCOST dans la mémoire collective nationale et internationale.