Radio

Kasangulu dans l’oubli après les inondations : et si on enseignait enfin la compassion ?

Dans le territoire de Kasangulu, frappé de plein fouet par les inondations d’avril et mai 2025, le silence des autorités et l’indifférence générale face aux sinistrés posent une question dérangeante : où est passée la compassion ?

Kasangulu, territoire du Kongo Central, tout proche de la capitale Kinshasa, vit une tragédie humaine passée presque sous silence. Les violentes pluies de fin avril et début mai ont plongé plusieurs quartiers, notamment Nsaya et Manoka à la gare, dans une détresse totale. Les habitants, démunis, ont trouvé refuge dans l’école primaire Mbolula, transformée en abri de fortune… au détriment des élèves désormais privés d’éducation.

Depuis des semaines, aucune aide concrète n’est arrivée. Les familles dorment à même le sol dans les salles de classe, sans eau potable, sans soins, sans espoir. Pendant ce temps, les élèves légitimes de l’école sont contraints de rester chez eux, exposés aux dangers de la rue, abandonnés par un système qui semble dépassé.

Pourtant, le territoire de Kasangulu n’est pas sans ressources : des élites locales siègent dans les institutions, des carrières minières existent, des entreprises opèrent. Mais face à cette urgence humanitaire, c’est le silence radio.

Vendredi 9 mai, l’Administrateur du territoire tente de rassembler les forces vives (églises, entreprises, ONG) autour d’une table pour envisager des actions de secours. Une initiative saluée, mais rapidement controversée : des voix s’élèvent pour dénoncer un appel à la solidarité jugé « imposé », les contributions étant perçues comme une obligation plutôt qu’un élan volontaire.

Le paradoxe est cruel dans une société où l’on prêche la compassion dans les églises à chaque sermon, la réalité du terrain montre un écart abyssal entre discours et action. Pourquoi est-il si difficile de venir en aide à ses semblables quand le besoin est si criant ? L’élan de solidarité mondiale pour d’autres pays frappés par des drames montre qu’une autre voie est possible. Mais à Kasangulu, il semble que l’on doive encore enseigner… ce qu’est la compassion.

Ilain Lumbala

Articles similaires

Marché de Lufu : un nouvel incendie ravage au moins cinq dépôts

Le marché transfrontalier de Lufu, dans le territoire de Songololo, a été une fois de plus touché par un incendie. Une imprudence a provoqué un sinistre ce jeudi, qui a touché au moins cinq dépôts.

Inauguration du studio « Tout est Grâce » pour la production de contenus audiovisuels à Matadi

La presse du Kongo Central bénéficie désormais d’un nouvel espace dédié à la production et à la création de contenus audiovisuels. Grâce à l’entreprise "Group Tout est Grâce", un studio moderne pour l’enregistrement d’émissions ainsi qu’un studio photo ont été inaugurés ce samedi 7 février à Matadi.

Nkamba : tête-à-tête Simon Kimbangu Kiangani – Grace Bilolo avant le lancement du mini-barrage de Mpioka

Le réveil du géant de Mpioka a enfin sonné. Le Gouverneur du Kongo-Central s’est personnellement déplacé ce samedi vers la cité sainte de Nkamba pour lancer les grands travaux de ce projet électrique d’envergure de l’Église kimbanguiste. Mais avant tout, un entretien de plusieurs minutes a eu lieu entre le chef spirituel, Son Éminence Simon Kimbangu Kiangani, et le gouverneur Grace Bilolo.

Seke-Banza : la 12e région militaire procède à l’évacuation des nouvelles recrues

Clôture de l'opération de recrutement au sein des FARDC, la 12e région militaire entame l'opération d'évacuation des nouvelles recrues.

Claude Ibalanky à Goma : démarche citoyenne ou médiation de l’ombre ?

L'ancien coordonnateur du Mécanisme national de suivi (MNS) de l'Accord-cadre d'Addis-Abeba et proche du Chef de l'État, séjourne actuellement à Goma. Sa présence ce samedi 31 janvier dans le chef-lieu du Nord-Kivu, en pleine crise sécuritaire, soulève de nombreuses interrogations sur la nature de ses contacts avec les forces en présence.

Seke-Banza : retour au calme à Kuakua après des affrontements liés à un conflit foncier

La tension est montée d'un cran ce vendredi 30 janvier 2026 à Kuakua, agglomération située à environ 40 kilomètres à l’ouest de Matadi, dans le territoire de Seke-Banza. Après une matinée marquée par des affrontements entre les forces de l'ordre et des manifestants, le calme revient progressivement.