Le dimanche 4 janvier 2026, les membres du BDK s’étaient réunis au terrain municipal de Ndjili pour commémorer les martyrs de l’indépendance ainsi que le 40ᵉ anniversaire de la sortie officielle du mouvement. Si les festivités se sont déroulées dans le calme en présence des autorités, le drame s’est produit au moment où les membres quittaient le lieu.
Selon un communiqué du mouvement, c’est sur le chemin du retour, vers la place Sainte-Thérèse, que plusieurs membres ont été la cible de tirs. Deux adeptes ont succombé à leurs blessures après leur transfert vers les centres hospitaliers de Ndjili et du camp Kokolo. Il s’agit de Mbuta Lodi Benakongo (Kimpese) et de Ngimbi Lungela (Muanda).
Interrogé ce mardi par Kongo Média, Fabrice Goyo Sengo Sengo Kaniki a fustigé le comportement de certains agents de l’ordre.
« Nous déplorons l’indiscipline de certains éléments affectés à la sécurisation des personnes et de leurs biens, ayant causé la mort de deux Kesa, atteints par des tirs à bout portant lors des manifestations commémorant les 40 ans de Bundu Dia Kongo, précisément à Ndjili. Étant donné que Bundu Dia Kongo est un allié par excellence de l’État congolais, nous avons foi qu’une enquête sera diligentée et que des sanctions exemplaires s’ensuivront contre les auteurs de cet acte odieux », a-t-il déclaré.
Sur le plan judiciaire, l’organisation rapporte que deux auteurs présumés des tirs ont été appréhendés. Une audience foraine est annoncée afin de juger les prévenus, une célérité saluée par les responsables du mouvement.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, Fabrice Goyo Sengo Sengo Kaniki a profité de cette intervention pour appeler les fidèles à un éveil de conscience collective. Il a rappelé l’importance de perpétuer les enseignements du Bukongo (ensemble de traditions et de spiritualité kongo-bantu) légués par le défunt leader Né Muanda Nsemi, qui visent à contribuer au développement de l’Afrique centrale et à restaurer un équilibre mondial fondé sur un ordre divin, tel que prophétisé par les grands sages Bena Kongo et ceux du judaïsme originel.
« Nous sommes appelés à poursuivre le combat de nos prédécesseurs tels que Yaya Vita Kimpa, Mbuta Kimbangu, Mbuta Kasavubu et consorts, ainsi que celui de Né Muanda Nsemi, pour l’affirmation de l’homme noir et la construction d’une nouvelle Afrique », a-t-il ajouté.
Ce cadre de Bundu Dia Kongo est le fils d’Anaclet Kaniki, ancien gouverneur du Kongo Central, et figure parmi les disciples initiés par feu Né Muanda Nsemi. Dans l’attente des conclusions des enquêtes, il remet au premier plan la nécessité d’une gestion responsable et encadrée des manifestations religieuses en République démocratique du Congo, afin que la quête de justice, de mémoire et de spiritualité ne se transforme plus jamais en tragédie humaine.




