Par un communiqué du 6 janvier, l’autorité urbaine a pris la décision de suspendre la circulation sur cet axe important du quartier Ville-Basse, dans la commune de Matadi. Le constat est que la structure de l’ouvrage est gravement endommagée, ce qui rend le passage des véhicules à gros tonnage et des voitures difficiles.
« Le Maire de Matadi, Dominique Nkodia Mbete, informe la population de sa juridiction et les usagers du pont reliant l’avenue colonel Poto-Poto au Beach Dibongo que, suite au constat relatif au délabrement très avancé de cet ouvrage d’utilité publique, le passage des véhicules est strictement interdit jusqu’à sa réhabilitation », précise le communiqué.
Pour veiller au respect strict de cette interdiction, le maire a mobilisé plusieurs échelons de l’administration. Les bourgmestres des communes de Nzanza et de Matadi, les responsables des services urbains de sécurité, ainsi que le chef du quartier Ville-Basse ont été instruits, chacun en ce qui le concerne, de prendre les dispositions nécessaires pour assurer l’exécution effective de cette mesure de sécurité publique.
Il convient de souligner que cette interdiction de circulation va handicaper une partie des activités économiques. Le pont constitue en effet le principal axe de passage pour les camions transportant du sable et des graviers en provenance du Beach Dibongo. Ce commerce de matériaux de construction, vital pour la ville de Matadi, se retrouvera ainsi freiné par la fermeture de cet ouvrage.
Sur le terrain, la nouvelle peine à circuler. Lors d’une descente de l’équipe de Kongo Média, les exploitants du Beach Dibongo ont exprimé leur surprise, affirmant ne pas avoir été informés officiellement de la décision prise deux jours plus tôt. Et, le passage des véhicules se fait comme d’habitude. Si la nécessité des travaux est reconnue, le manque de communication et l’incertitude pèsent sur les travailleurs.
« C’est une bonne chose que l’État veuille réhabiliter ce pont, mais nous déplorons le manque de communication. Nous ignorons quand les travaux débuteront et combien de temps ils dureront. Cette situation ne doit pas asphyxier notre travail », confie Didier Menayame, un des exploitants de sable au Beach Dibongo.

Au-delà de l’aspect commercial, cette situation pose un problème logistique important pour les services de base. Le pont est l’unique voie d’accès pour les véhicules se rendant à l’usine de captage d’eau de la REGIDESO (Usine du Fleuve). L’inaccessibilité de ce centre pourrait compliquer les opérations de maintenance et le ravitaillement en intrants nécessaires au traitement de l’eau potable pour la population. Tous les efforts fournis pour obtenir la réaction de la REGIDESO sont restés vains.
En l’attente du lancement effectif des travaux de réfection, et du fait de sa fermeture, aucune autre voie carrossable ne sera disponible pour atteindre cette partie de la ville. Cette situation crée déjà de la psychose chez les exploitants du Beach, selon eux le pont est toujours en bon état pour les piétons et les véhicules pour la traversée. Une intervention rapide est souhaitée.




