C’est en début de matinée vers 9 heures, sous une fine pluie, qu’il a foulé le sol matadien. L’autorité provinciale regagne le chef-lieu de la province après une série de consultations dans la capitale. Ce déplacement à Kinshasa, officiellement motivé par une invitation du vice-premier ministre de l’Intérieur, alors que l’étau se resserre autour de l’exécutif provincial sur un rapport de l’Inspection générale des Finances (IGF).
Le point de bascule de cette situation remonte au 28 janvier 2026, après que l’Assemblée provinciale ait autorisé à l’unanimité le réquisitoire du procureur général près la Cour de cassation. Une décision qui ouvre la voie à une instruction judiciaire contre le gouverneur pour des faits présumés de détournement de deniers publics.
Pour le camp de Grâce Bilolo, l’heure est à la contre-attaque juridique. Son entourage affirme que le gouverneur a accusé réception, le lundi 2 février, du « vrai » rapport de l’Inspection générale des Finances (IGF), lequel ne mentionne « aucun détournement » et est présenté comme une pièce à décharge dans cette affaire.
Pourtant, la tempête juridique semble loin de s’apaiser, car un nouveau front vient de s’ouvrir. En effet, un collectif de notables du Kongo Central a déposé une plainte au parquet près la Cour de cassation pour charger à nouveau le gouverneur de province. Cette plainte porte sur des faits de détournement de deniers publics, faux en écriture, conflit d’intérêts et délit d’initié, relatifs à des griefs non visés par le réquisitoire initial du procureur général.
À Matadi comme sur l’ensemble de la province, voire à Kinshasa, les observateurs et les acteurs de la société civile estiment que ce retour ne signifie pas un retour à la normale, mais plutôt le début d’un bras de fer judiciaire dont l’issue pourrait redéfinir l’équilibre politique de la province dans les jours à venir.
Une source contactée par Kongo Média précise qu’il faudra désormais attendre l’évolution de l’instruction. « L’innocence se trouve au bout de la procédure judiciaire. Il faudra d’abord s’y soumettre pour que le reste soit déterminé », conclut-elle.




