Kongo Central : la gent féminine à l’honneur à la deuxième édition du SALIK

« La littérature, vecteur d’identité, de paix et de cohésion national » c’est le thème retenu pour la deuxième édition du Salon du Livre du Kongo Central (SALIK) qui a ouvert ses portes ce jeudi 26 octobre 2023, à Matadi, Chef-lieu de la province. Elle connaît la participation d’un parterre d’écrivains, généralement jeunes, venus de Kinshasa et d’ailleurs pour présenter leurs œuvres et parler du monde littéraire.

La reconnaissance de la gent féminine reste une particularité pour cette deuxième édition du salon. Une reconnaissance saluée par la jeune écrivaine Chancel Kapalang, auteure du livre « Nos différences et nos préjugés ». Elle témoigne sa gratitude d’être compté parmi les invités et de représenter la femme congolaise d’une façon générale.

« Je suis honorée parce que le SALIK m’a invité. Certainement, tout n’a pas été parfait surtout côté organisation, la logistique n’a pas été coordonnée d’une façon parfaite, mais de façon générale c’est une note positive. À travers mes œuvres, je fais passer un message aux femmes, celui de les encourager, les motiver carrément pour leur dire qu’elles sont capables de faire tout ce qu’elles veulent. Pour moi c’est un honneur de faire cela à travers l’écriture », a expliqué Chancel Kapalang.

Chancel Kapalang sait bien jouer son rôle dans la littérature. Son souhait est de voir plus de femmes dans l’écriture car, pour elle, ce n’est pas seulement dans le domaine littéraire que les femmes sont minoritaires mais c’est quasiment dans plusieurs domaines qu’elles ne sont pas assez représentées.

« La première des choses, c’est d’avoir l’audace de s’exprimer. Quand on a un message à faire passer, il ne faut pas hésiter peu importe comment on va commencer. Après cela, il faut aussi pouvoir faire des choses de qualité. On aime bien encourager les femmes mais il faut aussi qu’elles sachent faire quelque chose de qualité, car souvent des femmes sont un peu négligeantes par rapport à la qualité et à l’excellence », poursuit-elle.

Avec deux ouvrages à son actif, Grace Bilola, écrivaine et éditrice chez Eleza Masolo, s’attend à découvrir beaucoup de choses. Elle fustige le paradoxe de la peur chez certaines femmes. Ces dernières sont appelées à prendre conscience de ce qui leur attend demain.

« C’est toujours un honneur lorsque je vois plusieurs organisateurs avoir les initiatives comme celle-ci et surtout mettre les femmes en avant dans un monde aussi farfelu celui de la littérature aujourd’hui et en RDC alors quand on m’a invité pour le SALIK, je n’ai pas hésité une seconde parce que c’est pour la bonne cause d’annoncer l’évangile. J’ai dit oui comme si je devais revenir en Christ et connaître la foi », a noté Grâce Bilola.

Elle souhaite par ailleurs que les femmes suivent son parcours que ce soit dans le monde littéraire ou un autre de la vie.

« Jusque-là c’est une bonne expérience pour moi, j’ai appris beaucoup de choses. Du début de mon entrée dans le monde littéraire vers les années 2016 où je n’étais encore qu’une petite élève qui écrivait tout et n’importe quoi sur une feuille. En 2021, quand j’ai gagné mon premier prix avec « Ma première nouvelle », la première chose que j’ai écrite ; je me suis dit de me lancer sans hésitation jusqu’à devenir éditrice et rédactrice en chef chez Eleza Masolo qui est une grande entreprise culturelle qui œuvre dans les histoires et cultures d’Afrique. C’est un parcours que je souhaite pour toutes les femmes qu’elles soient dans les lettres ou dans un autre domaine de la vie ».

Il faut signaler qu’avant le panel d’exposition des livres de différents auteurs dans la salle de l’hôtel Panorama à Matadi, les organisateurs se sont rendus dans des écoles de la ville pour partager l’expérience du livre avec les élèves. Une activité ponctuée par un atelier au centre de jeunes de Mikondo dans la commune de Mvuzi. Élèves, enseignants, scientifiques, tous ont été nouris par le bain de la littérature.

Reagan Nsiese

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