Radio

Au-delà de la répression, la nécessité d’une justice pour Boma qui doit se reconstruire (Édito)

Si les mesures sécuritaires prises après les violences du 28 août à Boma étaient nécessaires, elles demeurent insuffisantes. À travers cette analyse, la rédaction appelle les autorités à privilégier l’écoute, la transparence et la réconciliation afin de restaurer la confiance entre la population et l’État et d’ouvrir la voie à une paix durable.

La ville de Boma est à vif. Après les violences qui l’ont secouée ce jeudi 28 août, le chaos a laissé place à une tension palpable, mais un calme fragile est revenu dans les rues. Alors que les autorités ont pris des mesures de sécurité pour circonscrire la crise, elles se trouvent désormais face à un défi bien plus grand : celui de la communication, de la confiance et, à terme, de la réconciliation. C’est un test décisif pour la capacité du gouvernement provincial à diriger non seulement par la force, mais aussi par l’empathie et la transparence.

Le premier acte de l’État a été militaire et sécuritaire avec le rappel de hauts responsables de la police et l’envoi de renforts de Matadi. C’est une réponse nécessaire, car la violence ne peut être tolérée. Toutefois, cette approche ne suffira pas à elle seule. L’escalade a révélé une profonde fracture entre la population et les forces de l’ordre, accusées d’inaction face à la criminalité grandissante. Les émeutes ne sont pas nées de rien ; elles sont le symptôme d’une colère accumulée, d’un sentiment d’abandon et d’une soif de justice.

Pour apaiser la situation, les autorités doivent d’abord reconnaître publiquement cette souffrance. Un simple communiqué ne suffit pas. Elles doivent s’adresser directement aux Bomatraciennes et aux Bomatraciens afin d’affirmer avec sincérité, par exemple, « Nous comprenons votre douleur et votre indignation. Ce qui s’est passé hier est inacceptable. » C’est le premier pas pour briser le mur d’incompréhension et montrer que le gouvernement provincial n’est pas insensible aux cas d’insécurité qui se jouent dans ses rues et aux cris de la population.

Ensuite, la transparence doit devenir la pierre angulaire de toute action. L’ouverture d’une enquête sur les violences est indispensable, mais elle doit être crédible et ses conclusions doivent être partagées avec la population. Il ne s’agit pas seulement de punir les émeutiers, mais aussi de faire la lumière sur les défaillances du commandement policier. Le remplacement des responsables est un bon début, mais il doit être perçu comme le prélude à une réforme plus profonde de la sécurité publique.

L’heure est au dialogue ! Au-delà des discours officiels, les autorités doivent créer des espaces où la population, la société civile et les forces de l’ordre peuvent se parler, s’écouter et reconstruire les liens brisés. La réconciliation ne se décrète pas ; elle se construit par des gestes concrets, par la justice rendue, et par la promesse d’un avenir plus sûr et plus juste. Le gouverneur du Kongo Central a l’occasion de montrer une nouvelle voie de leadership, en faisant de cette crise une opportunité de transformer la relation entre l’État et ses citoyens. C’est un défi immense, mais c’est le seul chemin pour que Boma retrouve la paix et la prospérité.

Reagan Nsiese

Articles similaires

Des hauts responsables de la police rappelés à Matadi après les violences meurtrières à Boma

Un conseil de sécurité d'urgence s'est tenu ce jeudi 26 août 2025 à la mairie de Boma, après les violences qui ont plongé la ville portuaire dans le chaos en début de journée. Présidée par le ministre provincial de l'Intérieur du Kongo Central, la réunion a conduit à des décisions fortes, dont le rappel à Matadi de plusieurs hauts responsables de la police.

Boma : climat tendu ce matin, des tirs entendus dans plusieurs quartiers de la ville

La ville de Boma s’est réveillée sous haute tension ce jeudi. Des tirs à balles réelles ont été entendus dans plusieurs quartiers.

Modernisation de la route Kwilu-Ngongo – Kimpangu : décaissement de 12 millions de dollars pour le début des travaux

L'attente touche peut-être à sa fin pour les habitants du Kongo Central. Le député national Pierre Nsumbu Muntukalavo a annoncé ce lundi 25 août 2025 que le gouvernement central a décaissé 12 millions de dollars pour le lancement imminent des travaux de modernisation de l'axe routier Kwilu-Ngongo - Kimpangu.

Accident de route sur la RN1 : un camion angolais se renverse à Seke-Banza

Un camion remorque immatriculé en Angola a été impliqué dans un nouvel accident de la circulation ce lundi 18 août, à 6h30 du matin, sans faire de victimes au village Kimbala dans le territoire de Seke-Banza.

Gouvernement Bilolo II : trois nouvelles figures font leur entrée au gouvernement provincial, Thomas Kiakokwa quitte le navire

La province du Kongo Central est désormais dotée d'un nouveau gouvernement provincial. Le gouverneur Grâce Nkuanga Mansuangi Bilolo a rendu public, dimanche 17 août 2025 dans la soirée, la composition de sa nouvelle équipe gouvernementale. Le "Gouvernement Bilolo II" marque la volonté de continuité avec l’injection de trois nouvelles figures.

Matadi : 5 personnes interpellées alors qu’elles préparaient des attaques

EXCLUSIVITÉ - Des enquêtes sont en cours pour démanteler un réseau des criminels qui préparaient de mener des vols et cambriolages à Matadi, au Kongo Central.