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Port de Matadi : la délégation syndicale de l’ONATRA dénonce le non-respect des accords par MCTC

Lors d’un point de presse tenu le samedi 23 novembre 2024 à Matadi, la délégation syndicale de l’Office National des Transports (ONATRA) de Matadi a vivement dénoncé le non-respect des engagements par la firme Matadi Corridor Terminal à Conteneur (MCTC). Cette dernière, partenaire dans un projet public-privé, est accusée de violer les termes de l’accord […]

Lors d’un point de presse tenu le samedi 23 novembre 2024 à Matadi, la délégation syndicale de l’Office National des Transports (ONATRA) de Matadi a vivement dénoncé le non-respect des engagements par la firme Matadi Corridor Terminal à Conteneur (MCTC). Cette dernière, partenaire dans un projet public-privé, est accusée de violer les termes de l’accord signé en juillet dernier avec le gouvernement.

Le partenariat entre MCTC et l’ONATRA visait la modernisation d’une zone du port de Matadi, une initiative qui devait être exécutée selon des modalités précises. Cependant, les représentants syndicaux affirment que les modifications unilatérales introduites par MCTC remettent en question les responsabilités initialement convenues.

Selon Issa Ngenga Lubendo, président de la délégation syndicale de l’ONATRA, l’accord impliquait une série d’étapes claires : équiper, aménager, moderniser, puis exploiter le terminal. Ces préalables, établis en présence du vice-premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, n’auraient pas été respectés. Il précise que le processus devait se dérouler progressivement sur une période de 48 mois, une clause essentielle pour éviter de perturber les activités portuaires existantes.

« Une fois qu’ils vont faire ça, nous aurons des problèmes sérieux pour recevoir des navires à conteneurs. Lors de nos discussions, nous avions convenu qu’ils commenceraient par des travaux et qu’il y aurait une mutation progressive. C’est pourquoi nous leur demandons de respecter les textes », a déclaré Issa Ngenga Lubendo. Il a également souligné que l’autorisation initialement accordée à MCTC reposait sur la relation de confiance entre l’ONATRA et le chef de l’État Félix Tshisekedi, mais que cette confiance est aujourd’hui mise à rude épreuve.

La délégation syndicale insiste sur le fait que la seule issue viable pour garantir la paix entre toutes les parties prenantes est que MCTC revienne aux termes initiaux de l’accord. Une telle démarche permettrait de clarifier les responsabilités et d’assurer une mise en œuvre conforme à l’objectif de modernisation tout en préservant les intérêts de l’ONATRA.

Cette situation, qui mêle enjeux économiques et tensions sociales, met en lumière les défis liés aux partenariats public-privé dans des secteurs stratégiques tels que les infrastructures portuaires. Le respect des engagements reste un impératif pour maintenir la stabilité et la confiance dans des tels projets.

Pour rappel, le Ministère des Transports, Voies de Communication et de Désenclavement, sous la direction du Vice-Premier Ministre Jean Pierre Bemba Ngombo, avait émis des directives pour accélérer la mise en œuvre du contrat de concession portant sur l’aménagement, l’équipement et l’exploitation du terminal à conteneurs du port de Matadi.

Dans sa correspondance du 15 novembre 2024, Jean Pierre Bemba avait exigé des actions immédiates de la part de l’Office National des Transports (ONATRA) et du Matadi Corridor Terminal Container (MCTC). Ces mesures visent à encadrer la reprise des travaux dans le terminal, dans le cadre d’un partenariat stratégique destiné à moderniser les infrastructures portuaires et à optimiser l’exploitation de ce point névralgique pour le commerce extérieur en République Démocratique du Congo.

Fabrice Manzambi

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