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Kongo Central : y a-t-il eu tentative d’exfiltration forcée de Victor Nsuami Mpaka ?

Des arrestations ont été signalées ce samedi soir à l’hôtel Fomoza à Matadi, au Kongo Central. Des personnes présentées comme « suspectes » sont soupçonnées de tentative d’enlèvement du nouveau président de l’Assemblée provinciale du Kongo Central. Deux d’entre elles et le chauffeur du nouveau président sont aux arrêts.

Des éléments d’information sur l’incident survenu à Matadi, peu après l’élection de Victor Nsuami Mpaka à la présidence de l’Assemblée provinciale, révèlent une situation bien plus grave qu’une simple présence suspecte. Une tentative d’enlèvement, ou du moins d’exfiltration forcée, du nouveau président aurait été déjouée grâce à la vigilance de son entourage et des services de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR).

Des sources sécuritaires contactées par Kongo Média rapportent qu’il s’agit d’un groupe d’individus, se présentant comme des éléments de la Garde Républicaine (GR) et qui prétendaient avoir été envoyés pour renforcer la sécurité du nouveau président. Ce groupe est arrivé dans la nuit de jeudi à vendredi, juste avant l’élection. Cette arrivée, mise en confiance par des rumeurs déjà propagées par le chauffeur de l’élu, a permis aux individus de prendre possession d’une chambre d’hôtel jouxtant celle du député à l’hôtel précité, le quartier général (QG) des députés pétitionnaires.

En effet, l’entourage de Victor Nsuami Mpaka, contacté ce matin, a établi un lien entre ces individus et un certain Fabrice Ngila, ancien candidat sénateur au Kongo Central. Toujours selon le chauffeur, actuellement aux arrêts pour enquête et interrogatoire, Fabrice Ngila avait pris en location un véhicule tout-terrain (une jeep) et offert au député Victor Nsuami la veille de son élection pour renforcer sa sécurité. Interrogé sur le mobile de ce cadeau, le chauffeur a expliqué que l’ancien candidat sénateur cherchait à soutenir le nouveau président en place pour des raisons politiques personnelles.

Cependant, l’attitude des “gardes” a éveillé la suspicion. L’un des gardes habituels de Victor Nsuami s’est interrogé sur la provenance de ces nouveaux venus. Il a appris qu’ils ne venaient pas de Kinshasa, mais étaient des individus locaux régulièrement utilisés par les autorités de la province pour renforcer leur sécurité. Alerté, un responsable de l’ANR est intervenu à l’hôtel et a confronté le groupe. Ces individus ont été incapables de présenter ou d’indiquer l’autorité qui les avait envoyés, par ricochet un ordre de mission. La situation s’est tendue lorsqu’ils ont tenté de faire changer le nouveau président de chambre. L’intervention a abouti à l’arrestation de deux gardes et du chauffeur de Victor Nsuami.

Toutefois, nous avons pu contacter des proches de Fabrice Ngila qui assurent que ce dernier et le nouveau président entretiennent déjà des liens politiques depuis longtemps. D’ailleurs, à leur arrivée, ces gens étaient déjà en contact avec le Président et ont même discuté pendant plusieurs heures avant de l’accompagner dans la salle de plénière, délocalisée à la mairie de Matadi. « Rassurez-vous qu’ils ont même assuré sa sécurité pendant l’élection. Ce qui est vrai, c’est qu’aussitôt installé, la sécurité de l’Assemblée devrait prendre la main. Ils n’étaient pas là pour faire du mal au Président mais juste renforcer sa sécurité. »

Trois autres suspects ont cependant réussi à prendre la fuite. Selon certaines sources, l’objectif de cette opération était vraisemblablement d’exfiltrer le président vers Kinshasa la nuit même des faits ou le lendemain matin. Le nouveau président a finalement retardé son voyage pour s’assurer d’abord de la remise-reprise et de l’installation de son cabinet. Les enquêtes se poursuivent pour déterminer les véritables mobiles de ces hommes.

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