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Boma : douze personnes condamnées à 20 ans de servitude pénale pour terrorisme

Sur les 22 personnes poursuivies par le tribunal militaire de garnison de Boma et du Bas-Fleuve pour des infractions de terrorisme, 12 ont été condamnées à 20 ans de servitude pénale, 9 ont été acquittées, et une mineure a été renvoyée à son juge naturel.

Le tribunal militaire de garnison de Boma et du Bas-Fleuve a rendu son verdict dans la nuit du mercredi 19 au jeudi 20 mars 2025 à 1 heure du matin, concernant l’affaire des 22 présumés bandits urbains arrêtés dans le cadre de l’opération de traque “Ndobo”. Douze d’entre eux ont été condamnés à 20 ans de servitude pénale pour des infractions de terrorisme, tandis qu’une mineure a été renvoyée devant son juge naturel. Neuf autres accusés ont été acquittés.

La séance s’est déroulée en audience publique à l’esplanade de la maison communale de Kalamu dans la ville de Boma, en présence du ministre de la Justice, Constant Mutamba. Ce procès en procédure de flagrance s’inscrit dans la lutte contre l’insécurité urbaine et la criminalité organisée qui gangrènent certaines grandes villes du pays.

Les condamnés, identifiés comme membres d’un réseau de “kulunas” — ces gangs urbains qui terrorisent la population — ont été reconnus coupables d’actes assimilés à du terrorisme. La sévérité des peines prononcées vise, selon les autorités judiciaires, à envoyer un signal fort à ceux qui sèment la terreur dans la région.

L’arrestation des accusés a été rendue possible grâce à l’opération “Ndobo”, lancée par le vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, visant à démanteler les groupes criminels opérant à Boma et dans d’autres régions du pays. Cette initiative, pilotée par les forces de l’ordre avec le soutien des autorités judiciaires, a permis de mettre la main sur plusieurs délinquants et de restaurer un climat de sécurité dans la ville.

Cependant, le déroulement de ce procès a mis en lumière des préoccupations concernant le professionnalisme de la police lors de certaines interpellations. Des proches des accusés et des observateurs des droits de l’homme évoquent des arrestations arbitraires, affirmant que certains individus ont été appréhendés sans preuve tangible de leur implication dans des actes criminels.

Plusieurs témoins rapportent que des personnes ont été arrêtées sur simple présomption ou en raison de leur présence dans certains quartiers réputés sensibles. Ces allégations remettent en question la rigueur de l’enquête et suscitent des inquiétudes quant à de possibles erreurs judiciaires à Boma.

De son côté, le ministre de la Justice, Constant Mutamba, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à lutter contre l’insécurité sous toutes ses formes. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les dispositifs judiciaires et sécuritaires pour prévenir la montée du banditisme urbain dans la province du Kongo-Central et à travers tout le pays.

Signalons par ailleurs que dans le cadre de son séjour à Boma, le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Constant Mutamba Ntungunga, tiendra ce jeudi 20 mars 2025 des consultations populaires à l’esplanade de la maison communale de Kalamu, en faveur des personnes ayant des préoccupations liées à la justice.

Josué Taty

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