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Kongo Central : Exacerbation des discours de haine à l’approche de la campagne électorale

A quelques semaines du début de la campagne électorale pour les élections générales en République Démocratique du Congo, les esprits se chauffent dans la sphère politique de la province du Kongo Central comme partout ailleurs sur l’ensemble du territoire national.

Sympathisants, membres des partis politiques, candidats et autres, tous se bousculent pour se créer une visibilité en attendant le scrutin du 20 décembre prochain. La tension est à son comble entre renouvellement pour les uns et changement de la classe politique pour les autres. Des bruits médiatiques, actions sur terrain, visibilités ci et là avec des œuvres « philanthropiques », tous à la croisée de chemin pour captiver l’attention des électeurs.

Depuis la publication des listes définitives des candidats à la députation nationale, la province du Kongo Central connait une situation inhabituelle. Une montée fulgurante de réactions et messages à caractère séparatiste impliquant la propagation des discours de haine entre acteurs et sympathisants politiques.

Cependant, l’ONU définit le discours de haine comme tout type de communication, qu’il s’agisse d’expression orale ou écrite ou de comportement, constituant une atteinte ou utilisant un langage péjoratif ou discriminatoire à l’égard d’une personne ou d’un groupe en raison de leur identité, en d’autres termes, de l’appartenance religieuse, de l’origine ethnique, de la nationalité, de la race, de la couleur de peau, de l’ascendance, du genre ou d’autres facteurs constitutifs de l’identité.

A l’ère actuelle des nouvelles technologies, la province du Kongo Central vit dans une pollution numérique, principalement dans les réseaux sociaux (Facebook, Forums Whatsapp, réseau X et Tiktok). Un phénomène qui gagne du terrain. Si pour les uns présenter un argument plus lucide pour sa notoriété est plus aisé, ceci n’est pas souvent le cas pour les autres qui se livrent à une bataille sans merci d’insultes.

La stigmatisation d’appartenance politique

Dans le sillage politique Kongo, un autre phénomène se remarque lié notamment à la stigmatisation d’appartenance politique. Le fait d’émettre, par exemple, un avis positif envers un acteur politique suppose qu’on est directement allié et un avis négatif qu’on est de l’opposition ou contre l’acteur. Comme qui dirait : « celui qui n’est pas avec nous est contre nous ». La variable de ce message a tendance à cultiver la xénophobie, à rejeter des autres, etcétéra. Des effets néfastes avec des conséquences comme la perte des valeurs Kongo.

En effet, les discours de haine sont devenus un phénomène quasi permanent en période électorale ou pas. Cité par le média Actualité.cd, le Professeur Jean-Claude Matumueni a soulevé lors d’une conférence à Kinshasa qu’il faut une législation pour barrer la route à ces discours de peur que cela produise des effets à n’importe quel moment.

« Les discours de haine manipulent notre mental, notre esprit pour inculquer en nous, une certaine articulation de valeurs par rapport aux autres. Il faut absolument essayer de faire face à travers la législation. Il faut que la loi montre là où il s’agit d’un discours de haine et que des sanctions soient prises en conséquence. Sinon, ces discours vont continuer à proliférer », a-t-il dit.

Pour lui, « Même si ces discours ne produisent pas d’effets tout de suite, il faut toujours les contrecarrer parce qu’ils vont demeurer dans l’esprit des gens et se cristalliser dans le stéréotype, et resurgir à un moment donné si le contexte s’y prête. Si on ne réagit pas, ça devient une sorte d’idéologie dormante qui apparemment ne produit pas d’effets mais un jour, elle peut se réveiller comme un volcan ».

La responsabilité de tous

Pour une campagne apaisée, tout le monde a la responsabilité de jouer pleinement son rôle. Le risque de violence en période électorale peut être évité au cas où chaque personne intervenait de manière la plus responsable pour calmer la situation, car plus souvent les effets nocifs des discours de haine sont remarquables à long terme.

Dans leurs différentes interventions, les acteurs politiques sont appelés à contrôler leur message, leur langage afin d’éviter la stigmatisation. Une autre part de responsable aux journalistes qui doivent s’abstenir de diffuser tout discours de haine dans leurs Médias respectifs.

Pour rappel, selon l’ONU, les discours de haine peuvent être véhiculés par toute forme d’expression, notamment des images, des caricatures, des mèmes, des objets, des gestes et symboles ; et ils peuvent être diffusés hors ligne ou en ligne. Ils sont « discriminatoires » (biaisés, fanatiques ou intolérants) ou « péjoratifs » (préjudiciables, méprisants ou dévalorisants) à l’égard d’un individu ou d’un groupe.

Aux acteurs politiques directs et indirects d’y prendre garde et à la population d’éviter toute forme de discours de haine dans le sillage politique du Kongo Central.

Reagan Nsiese

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